Whyte Horses – Empty Words

(CRC Records)

Épopée Pop épique

En 2016 paraissait Pop or Not, premier album des mystérieux Whyte Horses, véritable concentré pop psychédélique sixties au charme imparable mené par le Mancunien Dom Thomas. Porté par la jolie voix de la française Julie Margat (deux titres étaient chantés dans la langue de Molière), Pop or Not embarquait l’auditeur dans un voyage musical multicolore des plus réjouissants, un périple pop intersidéral et sidérant. Ceux qui, comme moi, avaient eu la chance de faire partie du voyage attendaient donc la suite avec une grande impatience mêlée d’une certaine crainte ; celle de voir le charme du premier album disparaître. Autant le dire tout de suite, l’ami Dam a su franchir haut la main l’écueil du deuxième album avec Empty Words, nouvelle épopée pop épique.

Empty Words reprend globalement la même recette que son prédécesseur, à savoir une bonne dose de pop vintage et psychédélique, un (ou plutôt des ..) joli brin de voix féminine et française (on retrouve au casting Audrey Pic du groupe Envelopes et Mélanie Pain), des mélodies acidulées qui font mouche à tous les coups. Produit en grande partie de main de maître par Dom Thomas lui-même, les 16 morceaux se révèlent dans l’ensemble plus aboutis que sur le précédent opus, le spectre musical s’étant également quelque peu élargi.

L’album recèle en effet de trésors mélodiques : Never Took The Time, Greatest Love In Town ou Any Day Now feraient pâlir de jalousie Stuart Murdoch de Belle and Sebastian ; Counting Down The Days est un classique instantané, Empty Words, premier single  co-écrit avec Ian Parton de The Go Team!, est un tube terriblement efficace. Enfin, le délicieux Down Don’t You Cry n’est pas sans rappeler les Stone Roses de la grande époque (la guitare, les rythmiques…).

Empty Words s’aventure par ailleurs sur de nouveaux territoires avec The Best Of It, sur lequel La Roux est invitée à revisiter un vieux morceau soul des années 70, Fear Is Such A… et Ecstasy Song quand à eux nous entraînent dans une danse forcément extatique et jubilatoire. Watching Tv, enfin, est une véritable pièce maîtresse en quatre actes introduite par des violons classiques et qui se termine en sarabande orientalisante. On soulignera enfin les arrangements limpides et l’utilisation toujours impeccable des instruments qui malgré leur foisonnement (guitares, basse, percussions, moult cordes et claviers) n’en font jamais trop.

Ride Easy qui clôt l’album est une ballade de toute beauté (une intro à la Field Mice et des choeurs enfantins), faisant redescendre tout doucement l’auditeur en apesanteur sur la terre ferme. Une conclusion parfaite à un fantastique rêve musical dont on se réveille apaisé, les yeux brillants et le sourire aux lèvres.

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Discographie :
Pop Or Not (2016)
Empty Words (2018)

Crédit photo : Jason Evans