Track by track : The Pearlfishers – Love and Other Hopeless Things

(Marina Records)

Seul membre permanent des Pearlfishers, avec lesquels il officie depuis le début des années 90, David Scott cumule les casquettes (compositeur, musicien, chanteur, producteur, arrangeur…), accomplissant régulièrement des miracles de soft pop finement ciselée. Disciple de Brian Wilson, Jimmy Webb, Paul McCartney ou encore Burt Bacharach, l’Écossais revient avec un neuvième album qui sera sans doute le dernier à sortir sur le label allemand Marina Records, ce dernier envisageant de baisser le rideau après 25 ans au service de l’indépendance pop. Le songwriter de Glasgow assure pour nous la visite guidée des onze titres du somptueux Love & Other Hopeless Things.

Love & Other Hopeless Things

J’ai rencontré George Martin au milieu des années 80 et nous avons bien discuté. Je voulais l’approcher pour lui proposer de me produire, mais les gens de sa maison de disques ont fait la fine bouche. C’est incroyable, non ? Quoi qu’il en soit, j’ai rêvé un jour que George m’appelait car il était à la recherche de chansons pour un nouveau disque de Cilla Black, « comme au bon vieux temps ». Cette chanson est donc celle que j’aurais écrite pour Cilla si elle avait encore été de ce monde et si le disque en question avait bel et bien vu le jour. Mais j’y évoque aussi une autre Liverpuldienne aux cheveux roux, une bonne copine de ma femme Margaret et moi. C’est elle, la « Boadicée en bas bleus » du premier couplet, naviguant comme une guerrière pour sauver la ville avec de l’empathie.

Could Be A Street Could Be A Saint

Souvent, mes chansons commencent lorsqu’une une idée surgit dans une conversation et que je me demande : « mais qu’est-ce que cela signifie ? ». Je parlais avec des amis, et l’idée d’une rue qui porterait le nom d’un saint m’est venue, avec ce concept que tu peux être sauvé soit par le saint en question, soit par quelque chose d’exceptionnel qui se passe dans cette rue. En d’autres termes, cela parle des miracles et des gens miraculeux que nous rencontrons dans notre vie quotidienne.

You’ll Miss Her When She’s Gone

J’avais déjà testé divers arrangements pour cette chanson, elle attendait juste son moment. Comme d’habitude, la solution a été de la rendre plus simple, comme un truc country pop, en laissant parler la mélodie. Le texte évoque cette idée selon laquelle nous pensons que les personnes qui nous entourent sont éternelles, et parle aussi des petites choses stupides qui peuvent parfois venir nous déranger. Lorsque tout d’un coup, ces gens ne sont plus là, vous aimeriez qu’ils reviennent pour que vous puissiez être à nouveau ennuyés par des petits trucs sans intérêt…

The Pearlfishers
David Scott (©DR)

You Can Take Me There

Bien que j’aime énormément les ‘grands’ albums de Laura Nyro, j’écoute souvent un disque live de la fin de sa carrière appelé Live At The Loom’s Desire, sur lequel elle est seule avec un petit groupe vocal. La puissance de ses harmonies et de ses mélodies est irréelle et, en tant que compositeur, j’aimerais vraiment atteindre une telle simplicité dans l’écriture. You Can Take Me There est donc une sorte d’exercice de style. Comme Could Be A Street Could Be A Saint, elle parle de la façon dont notre vie peut changer en un instant.

Once I Lived In London

J’ai écrit ce morceau avec Bill DeMain du groupe Swan Dive. Il est sorti pour la première fois sur leur album Mayfair. Bill et moi avons travaillé de la façon suivante : il m’envoyait un projet de texte et je répondais de façon ‘transatlantique’, ou vice versa. Pour Once I Lived In London, ses premières idées m’ont ramené à Londres, en 1985-86, lorsque je marchais tard le soir depuis les Studios Air sur Oxford Street jusqu’au restaurant Kowloon, à Soho. C’était à l’heure où ils fermaient leurs portes et où les jeux de cartes commençaient. Quand j’avais 20 ans, c’était à la fois excitant et effrayant d’être seul dans cette ville et j’espère que la chanson vous y conduira un peu.

One For The Bairns

Lorsque mon équipe de football, le Falkirk FC, a participé à la finale de la Coupe d’Écosse en 2015, j’ai été invité à une drôle d’émission de football de la BBC Radio Scotland – Off The Ball – pour écrire une « chanson de finale de la coupe », en direct dans l’émission. J’ai écrit ce truc débile qui s’appelle The Final Day. Plus tard, j’ai utilisé la suite d’accords et les ‘babababas’ pour en faire un message un peu plus universel – les transformations dans la vie quotidienne. La chanson est donc dédiée au Falkirk FC, dont les joueurs sont surnommés les ‘bairns’, mais fait aussi référence à la façon dont nous appelons les enfants en Ecosse – les ‘bairns’.

A Walk Into The Blue Night

J’évoque ici des moments où l’écriture des chansons coule à flots. Quand j’étais enfant, j’avais l’habitude de composer des chansons ou des morceaux de musique comme dans un jeu et c’était magique. Il y a aussi un petit clin d’œil à Could Be A Street dans les paroles. Vivre la ville comme si ses rues étaient imbibées de musique. Je me souviens toujours d’avoir entendu Brian Wilson dire qu’il pouvait ‘faire confiance’ à un disque. Un concept si riche ! Quand je dis dans les paroles que même s’il n’y a pas de « porte-manteau avec ton nom, tu restes », le « tu » est la musique.

A Woman on the Verge of Becoming A Cyclist

Nous étions en vacances à Lucques, en Italie, et comme beaucoup de touristes, nous passions nos journées à faire du vélo le long des anciens murs d’enceinte. De retour à la maison, nous étions déterminés à nous mettre au sport sérieusement. Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé… Là-bas, nous sommes également tombés sur un étonnant marché vintage, où nous avons vu sur un stand tous ces romans de gare italiens aux couvertures très colorées. J’ai immédiatement commencé à entendre cette musique dans ma tête et elle est devenue A Woman on the Verge of Becoming a Cyclist, ce qui sonne un peu comme le titre d’un roman de gare surréaliste.

Sometimes It Rains In Glasgow

Il ne pleut pas toujours à Glasgow, mais c’est vrai qu’il y pleut souvent. Et, inévitablement, c’est l’une des choses qui font que ses habitants possèdent un humour à toute épreuve. J’ai écrit ceci avec Becci Wallace, une auteure-compositrice-interprète étonnante qui collabore avec de nombreuses personnes parmi les communautés artistiques glasvégiennes et écossaises. Nous pensions aux gens qui traversent cette ville étonnante, et à certains des archétypes et des anges qui en font un endroit si spécial et unique.

I Couldn’t Stop The Tide

Beaucoup d’artistes se débattent avec les choses du quotidien. Pas seulement des artistes bien sûr, mais je le vois beaucoup. Parfois, une tape sur l’épaule, des banalités d’usage et toutes ces choses de la vie de tous les jours ne suffisent pas pour vous aider à résister au poids du monde. J’ai pensé à la bravoure du renard, qui part à la recherche de nourriture à l’aube. Il a la force de tenir bon et garde l’espoir de retourner en lieu sûr. La musique utilise le I-VI-IV-V, une progression d’accords caractéristique du doo-wop, que j’associe toujours à cet espoir, cette innocence et cette simplicité.

Another Sunflower

Je pense parfois à donner une suite à notre album de Noël, A Sunflower At Christmas, et cela vient d’une de ces rêveries. Mais c’est une chanson du Nouvel An. Ne prenez pas de résolutions que vous ne pouvez pas tenir. Inspirez, expirez et continuez à bouger. Si vous connaissez ma chanson Sugar Mountain Babies, vous entendrez peut-être des similitudes au niveau des arrangements de cordes. J’ai travaillé avec Susan Appelbe et Katie Rush afin d’obtenir ce beau son hivernal pour les violons et le violoncelle.

The Pearlfishers
Marina Records

 

 

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