Tiny Ruins – Olympic Girls

(Marathon Artists / Ba Da Bing)

Tiny Ruins était à l’origine une entreprise solitaire, celle d’Hollie Fullbrook, auteure-compositrice-interprète née à Bristol puis élevée en Nouvelle-Zélande. Cass Basil (basse), Alex Freer (batterie) et Tom Healy (guitare) ont ensuite rejoint la jeune femme et la scénographie folk plutôt disciplinée de l’inaugural Some Were Meant For Sea (2011) a laissé place aux ambiances plus contrastées de Brightly Painted One (2014). Avec ce second essai, Tiny Ruins parvenait déjà à trouver un équilibre miraculeux, celui-là même qui caractérise aujourd’hui sa musique, entre pénombre et rayonnement intense. C’est donc dans la continuité de cette belle réussite que s’inscrit Olympic Girls, un troisième album où la chrysalide acoustique des débuts semble arriver au stade ultime de son développement, établissant pour de bon Tiny Ruins dans les hautes sphères du folk-rock international.

Cinq ans séparent ce nouvel enregistrement du précédent, pourtant Hollie Fullbrook est loin d’être restée inactive. La chanteuse a d’abord collaboré à New-York avec une légende de la ″Kiwi Pop″, Hamish Kilgour (cofondateur de The Clean avec son frère David), pour un mini-album à la beauté abrupte (Hurtling Through). C’est ensuite David Lynch, fan auto-proclamé de Tiny Ruins, qui a enregistré et produit le troublant Dream Wave, un single figurant dans la bande originale du troisième volet de Hunger Games supervisée par Lorde. Des tournées à travers le monde en compagnie de Calexico, Sharon Van Etten ou The Handsome Family ont enfin permis aux membres du groupe de gagner en assurance et en cohésion. Là où trois petites semaines de travail avaient suffi à mettre en boîte Brightly Painted One, la formation d’Auckland a dédié une année entière à l’élaboration de cet Olympic Girls que précède une réputation particulièrement flatteuse.

Figure de proue du renouveau folk féminin néo-zélandais avec Nadia Reed et Aldous Harding, Hollie Fullbrook trouve ici le cadre instrumental parfaitement adapté à ses mots tranchants et sensibles. D’une nature vulnérable propre à cette catégorie de singers-songwriters traumatisés par les œuvres de Leonard Cohen et Nick Drake, l’écriture près de l’os de Tiny Ruins enrichi néanmoins sa palette sur ce disque plus aventureux. Ainsi, une guitare électrique vient régulièrement troubler le calme apparent des lieux, s’agrippant comme un lierre, puis esquissant d’audacieux motifs redevables au folk-rock anglais d’autrefois. Parfois mystérieuses (Holograms), occasionnellement fantaisistes (One Million Flowers), régulièrement mélancoliques (School Of Design), ces chansons ont enfin le souci permanent de l’évidence (Kore Waits in the Underworld et son mellotron magique). Avec Olympic Girls, Tiny Ruins semble plus que jamais parée pour décrocher l’or.

Discographie
Some Were Meant For Sea (2011)
Brightly Painted One (2014)
Olympic Girls (2019)

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