RVG – Feral

(Fire Records)

Noyée dans un spleen 80’s, la jangle pop d’RVG prend une toute autre dimension avec ce deuxième album qui vient placer ces Australiens parmi les groupes « à guitares » les plus essentiels du moment.

Echo and The Bunnymen, les Go-Betweens, les Smiths, The Only Ones, The Psychedelic Furs… Dès la parution de Quality Of Mercy – un premier disque enregistré avec les moyens du bord il y a maintenant deux ans – la formation australienne ″from Melbourne″ RVG a très vite suscité le jeu des comparaisons. La faute, ou plutôt grâce à cette volonté de laisser son urgence – pouvant être pop, garage, punk ou même surf – en proie à des vagues 80’s et ″new wave″.

Feral vient confirmer toutes ses sensations : elle sont cette fois-ci particulièrement maîtrisées. ″Crafted″, diraient les Anglo-Saxons. Le tout, avec une classe à toute épreuve. Et si ce deuxième album produit par Victor Van Vugt (PJ Harvey, Nick Cave and The Bad Seeds, Beth Orton) vient placer RVG parmi les groupes ″à guitares″ les plus réjouissants du moment, ce deuxième album se révèle surtout d’une efficacité assez hors-pair. Ce qui frappe, outre cette capacité à proposer la mélodie et le single parfaits (la ″break-up song″ I Used To Love You, ou encore l’ironique Perfect Day), c’est également ce sentiment en clair obscur qui s’en dégage.

RVG

Car si les guitares, aiguisées comme jamais, carillonnent et s’enlacent encore et encore (Les plus Smiths que jamais Help Somebody et Little Sharky & The White Pointer Sisters), il y a derrière tout cela la personnalité et le charisme de la singer-songwriter transgenre Romy Vager. Il faut notamment parler de cette voix. A la fois masculine et féminine, affectée, troublante et formidable. Et puis du propos, qui se révèle parfois relativement grave. C’est le cas sur le titre introductif – Alexandra – où il est question du retour de Romy Vager parmi les siens à Adelaide, maintenant qu’elle a changé : ″Little sister, tell me, what do you think about me″.

Romy Vager use également de nombreuses allégories. Elle entretient le mystère émotionnel. Ses textes pourraient s’écouter comme l’on pourrait se poser devant un film. Sauf que Feral est avant-tout un disque. Et il se trouve que celui-ci brille de part cette délicate alliance entre un classicisme 80’s des plus britannique, cette fraîcheur australienne et – évidemment – la singularité de son auteure.

 

 

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Discographie :
A quality of mercy (2017)
Feral (2020)

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