Ron Sexsmith – Hermitage

(Cooking Vinyl)

Écrit et enregistré loin du tumulte de la ville, le seizième album du songwriter canadien est celui de la sérénité.

“J’ai fantaisie de mettre dans not’ vie un p’tit grain de fantaisie. Youpi ! Youpi !”  entonnait avec humour Bobby Lapointe dans une chanson au contexte pourtant pas des plus drôles. Mettons un soupçon de folie dans nos vies quand cela nous chante, disait-il alors. Une fantaisie qui semble être de mise lorsque l’on découvre le Ron Sexsmith nouveau, portant boa rose et lunettes surdimensionnées sur la pochette de son album Hermitage.

Ron Sexsmith fait partie de ces chanteurs souvent classés dans la catégorie des « beautiful losers ». Ces musiciens qu’on souhaiterait connus par tous et qu’une partie d’entre nous aime à se passer sous le manteau comme des trésors cachés, égoïstement, étant ainsi dans le club des « happy few » de ceux qui les connaissent. En effet, depuis près de 30 ans, le Canadien n’a de cesse de produire des albums d’une qualité incroyable mais dont le succès est toujours resté d’estime, à l’instar d’autres « perdants magnifiques » dont la liste est bien longue.

Ron Sexsmith (DR)

A l’origine de Hermitage, il y a une prise de distance de Ron Sexsmith avec sa vie d’avant. Un déménagement à la campagne, en Ontario, qui a sans nul doute contribué au côté bucolique qui se dégage de cet album. Les oiseaux que l’on entend au début du premier morceau Spring Of The Following Year en sont le parfait exemple. Et si prémonitoire soit-il, tant ce printemps nous a été « volé », ce titre n’en reste pas moins optimiste, à l’image de tout le disque. Ses compositions tutoient régulièrement le firmament dans lequel on retrouve des étoiles du nom de Paul McCartney (période post-Beatles), Harry Nilsson ou Elvis Costello, entre autres. Ce genre d’étoiles que l’on atteint lorsque l’on a raté la lune.  Mais peut-on alors vraiment parler d’échec, comme le disait Oscar Wilde ?
A l’écoute de chansons comme You Don’t Wanna Hear It  ou encore Dig Nation (dans laquelle le Canadien s’amuse du fait que nous vivons dans un monde où tout le temps, pour tout et n’importe quoi, on se rejette, on se met en colère), on peut plus qu’en douter.

Les mélodies sont légères et délicates, à l’image de Small-Minded World ou When Love Spans Out, sur lesquelles Ron Sexsmith joue pour la première fois de tous les instruments (à l’exception de la batterie, laissée aux bons soins de Don Kerr, producteur de l’album). Le morceau qui conclut le disque s’intitule Think of You Fondly, comme une formule de politesse adressée à l’auditeur. On la retourne bien volontiers à l’envoyeur, du fond de notre ermitage forcé. Avec tous nos remerciements. 

Discographie
There’s a Way (1986)
Grand Opera Lane (1991)
Ron Sexsmith (1995)
Other Songs (1997)
Whereabouts (1999)
Blue Boy (2001)
Cobblestone Runway (2002)
Rarities (2003)
Retriever (2004)
Destination Unknown (2005)
Time Being (2006)
Exit Strategy of the Soul (2008)
Long Player Late Bloomer (2011)
Forever Endeavour (2013)
Carousel One (2015)
The Last Rider (2017)
Hermitage (2020)

Ron Sexsmith
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