Piroshka – Brickbat

(Bella Union)

Ce soir-là, Lush doit achever son acte II et mettre un terme à l’existence du groupe. Cette fois, c’est définitif. Ciao ! Ça se passe en novembre 2016 à Manchester, sans le bassiste Phil King qui a décidé de tout quitter et de précipiter la fin de la tournée. Michael Conroy (Modern English) le remplace au pied levé. Celui-ci se retrouve aux côtés de Miki Berenyi et de Justin Welch (Elastica).

Avant cette dernière soirée, lors des répétitions, tous semblent retrouver l’étincelle de leurs débuts respectifs. « Comme un bon groupe punk », dira Welch. On assiste alors à la naissance de Piroshka, toute nouvelle « dream team 90’s » à laquelle viendra s’ajouter celui qui partage la vie de Miki Berenyi, à savoir Kevin J McKillop (Moose). Voilà pour le contexte. Et l’exploration des branches généalogiques de Piroshka, qui n’est autre que le nom donné au Petit Chaperon Rouge par les enfants hongrois.

(Crédit photo : Neil Stewart)

Un détail ? Pas vraiment. Car tout au long de Brickbat, le danger est partout. Et Piroshka est une proie. Cernée de toute part dans une Angleterre qui ne s’en sort pas avec son Brexit (This Must Be Bedlam, What’s Next ?), son insouciance est aussi sans cesse piétinée par tout ce qui l’entoure. De près, comme de loin : les drames conjugaux (Everlastingly Yours), les inégalités sociales (Hated By The Powers That Be) ou encore les fusillades dans les écoles (Village Of The Damned).

Piroshka a des choses à dire. Et que l’on trouve le propos pertinent ou plutôt convenu, Brickbat restera quoi qu’il en soit un disque inscrit dans son époque. Incontestablement : « We need to protest / We’ve got to find a new way to connect » chante Miki Berenyi sur le hit electro-pop What’s Next ? mixé par Alan Moulder (Ride, My Bloody Valentine, Interpol…). Tout le reste étant produit par Paul Gregory des Lanterns Of The Lake, autre groupe signé chez Bella Union.

D’accord, avec une Miki Berenyi au micro (mais sans les cheveux rouges), on pense tout de suite à Lush. Mais Brickbat ne sonne pas comme un disque de Lush, ni de Moose et encore moins d’Elastica. C’était l’objectif affiché, et en cela Piroshka a parfaitement rempli sa feuille de route. Piroshka veut marquer les esprits, et ça passe par les guitares. Elles sont omniprésentes, et appuyées. Ici, là, et encore là. D’abord lorsqu’il s’agit de verser dans le punk-pop d’une efficacité assez redoutable (This Must Be Bedlam, Run For Your Life), mais aussi quand les chansons excellent par la mise en avant de leur mélodie (Hated By The Powers That Be, Everlastingly Yours). Même lorsque Piroshka vire à la disco-pop « girls group » (Never Enough), les guitares sont encore là pour venir tout lacérer.

Autre grand moment du disque : Blameless, piste noisy rehaussée par des cordes envoyant littéralement Miki Berenyi sur orbite. Si on aime, on tombera aussi pour Heartbeats et She’s Unreal, les deux autres respirations de ce Brickbat (traduisons par « missile ») qui, à défaut de changer le monde, nous le rendra un peu meilleur le temps de ses quelques déflagrations.

 

Tracklist
1. This Must Be Bedlam
2. Village Of The Damned
3. Never Enough
4. Blameless
5. What’s Next ?
6. Hated By The Powers That Be
7. Run For Your Life
8. Heartbeats
9. Everlastingly Yours
10. She’s Unreal

Discographie
Brickbat – 2019

Piroshka

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