Papercuts – Parallel Universe Blues

(Slumberland records)

Après quatre ans de silence durant lesquels il s’est davantage concentré sur son métier de producteur aux côtés de Beach House, Luna, Cass McCombs ou encore Vetiver, Jason Quever est – enfin ! – de retour avec Papercuts. Depuis la parution d’un premier album en 2004 (Mockingbird), le songwriter américain aujourd’hui basé à Los Angeles est le seul membre permanent de ce projet « indie » un peu touche-à-tout. Jusque-là, la pop de Quever a pu être pastorale, baroque (notamment sur Fading Parade, album sorti en 2011 chez Sub Pop considéré comme étant son chef-d’oeuvre) ou folk… On y retrouve en tout cas toujours ce côté lo-fi, cette touche 60’s, ce talent inné pour la mélodie et ce timbre de voix mélancolique. Parfois, il s’agirait presque d’un chuchotement.

Nous voici en 2018, quatre ans après un magnifique Life Among The Savages qui faisait la part belle à l’expression des cordes (Still Knocking At The Door, New Body et la chanson éponyme sont des modèles du genre). Et pour le coup : avec Parallel Universe Blues, Papercuts nous transporte ailleurs, sur un territoire plus vaporeux. Exit le côté « chamber pop » qui lui allait aussi à merveille, et place à un décor shoegaze. Une pop-folk-noise qui permet au discret Jason Quever de se dissimuler encore davantage derrière ses compositions. Sans pour autant tout noyer dans la reverb. Bien au contraire…

Des titres Laughing Man, How To Quit Smoking et Kathleen Says – sans conteste parmi les meilleurs que Quever a pu proposer jusque-là – surgit une classe folle. Comme si le Belle And Sebastian des 90’s, pour le génie mélodique, avait rencontré la production noisy des Jesus And Mary Chain. Des frères Reid, il en sera encore question un peu plus loin. Le temps des six minutes de Sing To Me Candy. Les plus érudits y verront sans doute un clin d’œil. Tout comme ils ressentiront l’âme du Velvet Underground planer au-dessus de tout ça en quelques endroits (All Along St. Mary’s, Clean Living, seul moment où l’on retrouve les cordes de l’album précédent, ou encore Matress On The Floor).

Parallel Universe Blues est relativement court (35 minutes). Il apparaît pourtant comme une étape importante dans le processus de création de Jason Quever qui – pour la première fois – a pu enregistrer chez lui, dans son propre studio. Une nouvelle façon de travailler et de voir les choses, peut-être guidée par l’arrivée de Papercuts chez Slumberland Records, un label qui n’a plus à faire ses preuves en terme de sorties à tendance « shoegaze ».

Tracklist
Matress On The Floor
Laughing Man
How To Quit Smoking
Sing Me To Candy
Clean Living
Kathleen Says
Walk Backwards
All Along St.Mary’s
Waking Up
Looking Through Heather

Discographie
Mockingbird (2004)
Can’t Go Back (2007)
You Can Have What You Want (2009)
Fading Parade (2011)
Life Among The Savages (2014)
Parallel Universe Blues (2018)

https://papercutsmusic.bandcamp.com/

Crédit photo : DR