MY Concubine – Quelqu’un dans mon genre

(Happyhome Records - Differ-ant - Believe Digital)

La pop de MY Concubine chante la vie de belle manière.

Il aura fallu sept longues années d’attente pour écouter les nouvelles chansons d’Éric Falce (ex-Tango Lüger, groupe fondé en 1978 avec son ami Jean-Luc Taccard alias Lucas Trouble dit le Kaiser) et Lizzy Ling (qui a rejoint la formation depuis l’album Une Chaise pour Ted en 2011). MY Concubine, c’est tout d’abord une marque de fabrique : un chant féminin et masculin qui se répond, qui se joue de l’autre, qui se languit, se déteste et s’aime… Une passion amoureuse qui vit des fulgurances de malheur et des tempêtes de bonheur. C’est aussi onze chansons sur chaque album, à ce sujet Éric Falce nous répondait : « Dix je trouve que ça fait fainéant, du coup j’en remet une cuillère ». Le garçon manie le mot et le verbe avec délicatesse et doigté, il y a chez lui cette touche que l’on arrive petit à petit à reconnaître. Joueur, il aime perdre l’auditeur avec des textes à tiroirs. Dans tous les cas, on aime se perdre avec lui et on lui fait confiance, une confiance aveugle.

Dès les premières notes de Quelqu’un dans mon Genre, on retrouve un univers singulier : batterie, basse chaude et ronde, violon et sa voix, proche d’un Gainsbourg ou d’un Bashung, si vous souhaitez quelques références pour appréhender un peu mieux un groupe que vous ne connaissez peut-être pas encore. Lizzy Ling le rejoint pour mieux le retrouver, une entrée en matière parfaite pour prendre la tangente sur Dragon, on se demande vers quel dragon MY Concubine veut nous emmener ; est-ce dans les volutes d’une opiumerie d’un temps passé ou d’un jeu sordide ? Sur des accords pop/rock, on entend même du cor, le tempo s’envole et nous avec. Pour Paris ne dort jamais, on s’embarque dans l’aventure et le périple à travers la ville lumière, les corps enlacés sur une moto et sur ce magnifique refrain « Paris a encore des milliers de rêves sous son ciel, Paris ne dort jamais, quelqu’un t’a rêvé dans la ville…». C’est sur un texte de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem que résonnent les premières notes de la chanson Ah que la vie est belle : une douce mélancolie enveloppe l’écoute, une poésie exquise se dégage de cette chanson, un constat amiable sur le fait que la vie est belle malgré les aléas que l’on peut y rencontrer. On continue sur cette douce pente avec Tiens moi froid. MY Concubine évoque Pancrace, l’un des trois saints de glace, période froide que l’on rencontre au mois de mai et redoutée des agriculteurs ; ici on joue avec les mots et les pensées, on aime les seins de glace, les cordes résonnent, il y a comme un je-ne-sais-quoi d’Eleanor Rigby des Beatles dans celles-ci. Avec Menu Spécial, le groupe sort le grand jeu : un orchestre à cordes et des arrangement somptueux, un texte aux petits oignons, ils nous mettent encore l’eau à la bouche. On vous laisse le plaisir de la découverte des dernières chansons de l’album avec le lecteur ci-dessous.
C’est toujours avec plaisir qu’on écoute un album de MY Concubine, que l’on navigue dans leur univers unique. Pendant ces jolis jours, Quelqu’un dans mon genre va résonner encore longtemps, c’est une œuvre majeure dans la discographie d’un groupe que l’on aime de plus en plus intensément, passionnément.

Teasing du prochain clip de MY Concubine, Dragon, avec Denis Lavant, réalisé par Mallory Groleau :

 


Discographie

La Tangente – Novembre 2004
Les Belles Manières – Mai 2007
Une Chaise pour Ted – Avril 2011
Quelqu’un dans mon Genre – Juin 2018

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