Martin Frawley – Undone at 31

(Merge Records)

Je vais passer pour un vieux schnock mais j’assume ! On ne dira jamais assez le mal qu’a fait la possibilité de lire aléatoirement les titres d’un album, alors que l’ordre dans lequel un artiste a choisi de poser ses chansons ne résulte certainement pas du hasard et qu’il faut le suivre de la piste 1 à la dernière au risque de passer à côté de l’histoire que veut raconter le chanteur !
Et cette règle s’applique au nouvel LP de Martin Frawley, Undone at 31. Pour l’ancien co-leader des excellents Twerps, l’heure est venue, semble-t-il, de faire une sorte de premier bilan de vie et d’ouvrir un nouveau chapitre. Un bilan, n’est-ce pas un peu tôt à 31 ans ? Sans doute, mais c’est le moyen que l’Australien a trouvé pour évoquer les affres et la déliquescence d’une longue relation amoureuse.
Un bilan à la fois mélodique et touchant. Touchant parce qu’à travers des paroles simples, Martin Frawley trouve les mots qui vont droit au but. Mais simplicité n’est pas vacuité ni facilité. Le premier morceau, You Want Me?, dans lequel le garçon se demande si la personne aimée veut encore de lui, pose les bases de la ligne directrice de l’album et s’inscrit dans la tradition du spoken word, du parler-chanter que l’on peut retrouver parfois chez Bob Dylan (si, si !), sans le cynisme qui caractérise le poète américain. Tout cela sonne juste et est au service de la clarté du propos. Le second morceau End of the Bar sonne comme une dernière supplication à celle qui s’en va, de venir le retrouver au bout du comptoir si éventuellement elle en a encore envie…

Martin Frawley
© Ryan Kenny

Simplicité des paroles mais grande variété mélodique (la basse est très présente notamment) qui donne à la première partie de l’album un rythme guilleret et qui va s’accélérant jusqu’au point culminant qu’est la piste numéro 6, Chain Reaction. Puis le disque bascule vers un versant plus introspectif où Martin Frawley analyse sa personnalité, n’y voit pas grand-chose à redire et trouve même des excuses au départ de sa dulcinée “… maybe you’re better off without me…” dans Something With Me. Dulcinée qui n’est effectivement plus la sienne mais visiblement celle de quelqu’un d’autre “… she has someone else to hold…” dans Lo and Behold. Et, dans un avant-dernier sursaut, il demande à sa douce de rentrer à la maison. Le disque se conclut sur les mots suivants ″Love is Not where the heart is, nor are the best intentions… tell me you need me…″. Des mots simples, de jolies mélodies, que demander de plus ?
C’est donc un grand disque d’amour déchu (déçu ?) que l’auteur-compositeur australien nous propose, un disque dont les secrets et les strates se dévoilent au fur et à mesure des écoutes.
Au fait, vous ai-je déjà dit qu’il faut passer le disque dans l’ordre et de bout en bout ? Oui ? Je me répète alors… Je suis vraiment un vieux schnock !

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