Les Secrets les Mieux Gardés de la Pop (6) : Dylan Mondegreen

Les mélodies et les arrangements de l’auteur-compositeur norvégien Børge Sildnes, alias Dylan Mondegreen, sont aussi gracieux que la danseuse filmée dans son clip A Place in The Sun, qui est également le titre de son dernier album, sorti l’an dernier. Il a évoqué avec nous son village natal, ses cours de maths avec un célèbre footballeur, le boys band préféré de son adolescence, sa passion pour un micro et la nouvelle direction musicale qu’il est en train de prendre.

Est-ce que tu pourrais me parler un peu de l’endroit où tu es né ?

Je suis né Eide, au nord-ouest de la Norvège, sur la côte, dans un petit village de 3000 habitants, entouré de montagnes et de fjords. Très typique de la Norvège, baigné de nature mais ça ne se résume pas à ça. C’était un bon endroit où grandir, calme et sécurisant. C’est à côté de là où est né le footballeur Ole Gunnar Solskjær, on étudiait les maths ensemble quand il a été transféré à Manchester United.

Est-ce qu’il y avait beaucoup de musique à la maison ?

Pas vraiment, la collection de disques de mes parents était assez limitée, un album d’Abba, plein de K7 de Richard Clayderman et une K7 toute usée de titres des Beatles. Mais on avait un piano et on m’a offert ma première guitare à Noël quand j’avais 8 ans. Mes parents m’ont encouragé dans mon désir de faire de la musique.

Est-ce que tu aurais une petite anecdote sur ton enfance à raconter ?

J’ai eu cette première guitare comme récompense pour avoir bien prononcé le son « s ». J’avais des séances chez un orthophoniste et à la maison un appareil avec une lumière qui clignotait quand je prononçais bien ce son et qui devenait rouge quand je faisais « shhh ». Cette guitare aux cordes en nylon fonctionne toujours, je l’ai léguée à ma fille de 8 ans. Je lui joue souvent une chanson sur cette guitare pour qu’elle s’endorme, le plus souvent la version norvégienne de While I Walk You Home (Mens I Føl De Hæm).

Comment est-ce que tu te décrirais ?

Je suis tombé amoureux fou de la musique vers mes 15-16 ans, jusqu’à l’obsession et j’ai mis à peu près tout le reste de côté. J’avais de bonnes notes à l’école mais la musique était à la croisée des chemins ! Je ne regrette pas, la musique m’a apporté d’immenses joies. Au niveau plus personnel, quand je ne suis pas avec ma femme et mes enfants, je préfère rester seul plutôt que sortir avec des potes. Je suis un véritable esthète. Mon attention aux détails peut même être pénible. J’aurais dû étudier l’architecture. J’ai été un peu en école de médecine avant de laisser tomber et d’étudier le journalisme. Je ne me connaissais pas bien quand j’avais la vingtaine. Je pense que les gens diraient de moi que je suis réservé, mais pas timide.

Dylan Mondegreen

Qu’est-ce que tu fais pendant ton temps libre ?

En fait, j’ai un boulot à plein temps et deux jeunes enfants. Donc dès que j’ai deux minutes, je fais de la musique. Sinon, j’aime bien regarder des trucs à la télé pour me détendre. On ne peut pas considérer que c’est un hobby en même temps. J’adorais dessiner et peindre quand j’étais plus jeune, mais aujourd’hui c’est devenu rare. J’aime bien courir aussi mais ce n’est pas une activité régulière. Peut-être que je m’y remettrai cet été !

Quel est ton boulot à plein temps ?

Je suis conseiller en communication, je travaille beaucoup sur les sites web, les contacts avec les médias et je fais aussi un peu de design.

Est-ce que tu pourrais me citer une chanson qui t’émeut tout particulièrement ?

Song to the Siren, la version de This Mortal Coil et Elizabeth Frazer. C’est le genre de chanson que je ne peux pas écouter de loin ou mettre juste en musique d’ambiance. J’aime aussi la version de Tim Buckley mais la magie opère surtout pour moi avec la voix d’Elizabeth Frazer et les arrangements délicats qu’ils ont choisis.

Est-ce que tu as un artiste vers lequel tu reviens plus fréquemment ?

Nick Drake. Toujours !

Quels est le premier disque qu’on t’a offert ?

J’ai reçu plusieurs K7 pour mes anniversaires quand j’étais tout petit, la seule dont je me souvienne, c’est celle d’un groupe norvégien appelé Drama. Ça devait être en 1983-1984, ils faisaient un genre de soft rock. Ils étaient considérés comme un boys band à l’époque, je ne connaissais que cet album et je les trouvais super forts, ils n’avaient que 14-15 ans. Je me souviens aussi qu’un copain m’a passé un CD import japonais de l’album You Can’t Hide Your Love Forever d’Orange Juice quand j’avais 17 ans.

Si tu pouvais voyager dans le temps, tu irais à quelle époque ?

J’irais dans les années 90 et je serais Luke Perry !

Est-ce que tu as un endroit et des instruments de prédilection pour composer ?

J’ai une pièce à la maison qui s’est transformée en petit studio. Elle fait 4 m², est bien sonorisée, avec une très bonne acoustique et plein d’équipements. C’est là que j’écris et que j’enregistre, ces derniers temps sur ma guitare d’enfance aux cordes en nylon. Je viens aussi d’acheter un synthé analogique Prophet 6 qui m’inspire beaucoup. J’ai toujours beaucoup aimé le son du Prophet 5 qu’utilisait Ian Catt (qui a co-produit son album de 2012 et est également connu pour ses nombreuses collaborations avec le groupe britannique Saint Etienne), celui que j’ai est une version modernisée. J’espère que j’arriverai à composer dessus, je n’ai jamais écrit de chansons sur un clavier.

Est-ce qu’un nouvel album est en préparation ?

Pas vraiment. Je travaille sur des trucs mais je ne sais pas encore si ça va aboutir à quelque chose. Ce sera probablement plutôt un disque fait à la maison de type électronique, c’est ce que j’ai envie de faire et c’est tout ce que je peux envisager en ce moment, en fait.

Est-ce que tu as des projets de dates en France ?

Ce serait un rêve mais je n’ai rien de prévu pour l’instant. Je pense qu’il faudrait que quelqu’un m’invite !

Est-ce qu’il y a une question que tu aurais rêvé que je te pose ?

Oui, quel est ton micro préféré ? C’est un truc qui intéresse surtout les fous de technologie. La réponse est mon Bock 241. Il m’a causé pas mal de soucis et j’ai dû l’envoyer deux fois en réparation déjà, mais il a un son très doux. J’ai enregistré toutes les voix de mon dernier album, A Place In the Sun, à la maison sur ce micro.

Est-ce qu’il y a autre chose que tu souhaiterais ajouter ?

Oui. Je pense qu’on devrait se débarrasser de nos iPhones pour redécouvrir l’ennui et tout ce qui nous entoure.

Laquelle de tes chansons est-ce que tu aimerais que j’utilise pour illustrer cette interview ?

Pierre, de mon dernier album. Peut-être à cause des paroles. Et Pierre, c’est le prénom de mon fils en français. Cette chanson parle de lui et c’est le petit gars que j’aime le plus au monde !

 

dylanmondegreen.com

Discographie

While I Walk You Home (2007)
The World Spins On (2009)
Dylan Mondegreen (2012)
Every Little Step (2016)
A Place In The Sun (2018)

Crédit photo : DR

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