Les Secrets les Mieux Gardés de la Pop (25) : Alpaca Sports

C’est l’été toute l’année en Suède grâce à Alpaca Sports. En pleine préparation de leur très attendu troisième album, Andreas, la moitié du groupe, nous a parlé de signes, de foot, et de son amour pour Paris. Et en réécoutant I’m not down des Clash, un de ses morceaux préférés, j’ai soudain réalisé l’influence à première vue improbable que cette chanson a pu avoir sur son propre travail.

Bonjour Andreas, où est-ce que tu as grandi ?

J’ai grandi dans la petite municipalité de Sävedalen, qui se trouve juste à la sortie de Göteborg, sur la côte ouest suédoise. C’est un endroit dans lequel s’installe beaucoup de familles au moment où leurs enfants commencent l’école. La ville est connue pour avoir formé de nombreux athlètes de renom. C’est proche de la nature et de lacs magnifiques. On y côtoie une grande montagne et une vallée (”dal” en suédois signifie « vallée »). La maison de notre famille était située tout en haut de cette montagne et comme on n’a jamais eu de voiture, on s’est habitués à descendre et à monter ces rues sinueuses et abruptes des milliards de fois ou plus encore, et finalement on a appris à apprécier ça. C’était vraiment un endroit fantastique pour un enfant, ma mère habite toujours dans le coin, j’ai gardé une vraie connexion avec ce lieu.

Est-ce qu’il y avait beaucoup de musique à la maison ?

Je suis le seul musicien de la famille mais la musique a toujours été très présente pendant mon enfance. Ma mère avait ouvert une crèche chez nous, la maison était toujours pleine d’enfants, d’énergie et de musique. Sur notre lecteur de disques on passait beaucoup les bandes originales des films et séries d’Astrid Lindgren. On chantait aussi tous ensemble des titres de Pippi Långstrump, Emili Lönneberga, Madicken, etc… Mais aussi d’artistes comme les Beatles, Elvis Presley et Abba. J’ai aussi commencé à faire du skate assez jeune, ce qui m’a fait découvrir le skatepunk et de fil en aiguille des groupes comme The Specials et Madness, et finalement l’un de mes groupes préférés de tous les temps, les Clash.

Est-ce que tu aurais une anecdote d’enfance à me raconter ?

Même si j’aimais beaucoup grandir au milieu d’autres enfants et inviter mes meilleurs amis à la maison, j’aimais également passer du temps tout seul afin de vivre dans les mondes oniriques que mon cerveau me proposait. J’ai toujours aimé le football, particulièrement l’équipe de Göteborg, qui s’appelle l’Örgryte IS, dont je collectionnais les cartes des joueurs. Quand j’étais enfant, l’un de mes jeux favoris consistait à constituer des équipes qui s’affrontaient à partir de ces cartes. Et comme j’étais le seul en charge des deux équipes, je pouvais faire évoluer le match comme bon me semblait ! Je restais assis pendant des heures dans ma chambre à créer ces matchs et je me chargeais également des commentaires sportifs !

Est-ce que tu pourrais me donner la première chanson qui te vient à l’esprit ?

I’m Not Down des Clash. La mélodie me trotte dans la tête depuis que je t’ai mentionné les Clash et je n’arrivais plus à mettre un nom dessus ! Grande chanson !

Est-ce qu’il y a un artiste ou un album vers lesquels tu reviens tout le temps ?

Il y en a plein. Mais le premier album qui me vient à l’esprit est If You’re Feeling Sinister de Belle & Sebastian. Il a une place particulière dans mon cœur et ce sera toujours le cas. J’aime bien l’écouter quand je me rends dans des endroits que je ne connais pas et il me réconforte dans les moments plus difficiles de mon existence.

Quel est le premier disque qu’on t’a offert, le premier que tu as acheté ?

Le premier que j’ai eu en cadeau, c’est un album de chansons du personnage de l’ours suédois Bamse. Il devient le plus fort au monde quand il mange un certain type de miel fabriqué par sa grand-mère. Sans oublier (et c’est, je dirais, le plus important) également le plus attentionné des ours du monde, toujours prêt à aider les autres et à se lancer dans des aventures plus excitantes les unes que les autres. Le premier CD que j’ai acheté c’était un groupe d’Eurotechno en 1993 ! Ils s’appelaient Melodie MC et l’album Northland Wonderland. Je me souviens que j’étais fou de leur hit Dum Da Dum et aux fêtes d’anniversaire, on faisait du break dance sur ce titre (avec des roulades sur nous-mêmes sur la tête sur la piste) et on le remettait plusieurs fois !

Si tu pouvais voyager dans le temps, tu irais à quelle époque ?

Ma plus grande héroïne, c’est ma mère, donc j’en profiterais sans doute pour passer du temps auprès d’elle à différents moments de sa vie et je rencontrerais ses meilleurs amis. Je serais son camarade de classe à la fin des années 50 en pleine campagne suédoise.

Tu as un endroit spécifique, un instrument en particulier quand tu composes ?

Ça peut être très différent d’une chanson à l’autre. En général j’utilise une guitare acoustique et je chante par-dessus la mélodie des ”bapbapbas”. C’est sans doute la raison pour laquelle la moitié de nos chansons se terminent par des ”bapbapbaps”. J’ai l’impression d’être plus créatif les matins. J’utilise beaucoup l’enregistreur de mon téléphone pour y graver des démos de sifflements ou autres (90 % de ces sons sont à jeter !).

Est-ce qu’il y a de nouveaux projets en préparation ?

Il y a un nouvel album qui est en train de se faire ! Lisle Mitnik (avec qui je coécris nos titres) et moi disposons de plein de démos sur lesquelles on travaille, je dirais pour une mise en boite de 15 à 20 chansons. Mais je pense qu’on attend un signe, ou un truc qui fera que cette sélection de chansons et de thèmes formeront un tout cohérent. Comme toujours pour Alpaca Sports, l’inspiration et les idées nous viennent d’un peu partout, des films, de la musique, des jeux vidéo, des BD, etc… et on injecte tout ça dans le mixeur Alpaca. On va dire que pour le n°3 on va peut-être incorporer plus de distorsions de guitares (plus que dans les deux albums précédents, disons, dans lesquels il y avait 0 distorsion !) et des claviers aussi.

Est-ce que vous viendrez en France ?

Je vivais à Paris de 2014 à 2017 mais je n’y suis pas retourné depuis que je suis rentré en Suède. J’aimerais revenir très vite et revoir de vieux amis ainsi que des endroits chers. Et y jouer aussi bien sûr ! La dernière fois qu’on s’est produits à Paris c’était dans le club Another Sunny Night à L’espace B avec nos potes de label, les Gallois de The School (qui sont aussi sur Elefant Records). Mais pour l’instant pas de plans précis, malheureusement.

Alpaca Sports

Quelle est la question que tu aurais aimé que je te pose ?

Nous avons développé au fil du temps une manière quasi unique d’écrire des chansons, pleines d’expression, d’accroches, une technique que seule la famille Alpaca détient, alors la question serait : mais quel est votre secret ? Et la réponse serait : « Aucun commentaire » !

Laquelle de vos chansons illustrerait bien cette interview ?

En Suède, c’est l’hiver la moitié de l’année et on a n’a plus vu le soleil depuis quatre semaines. Alors je m’évaderais un peu et choisirais Summer Days, sur notre dernier album en date, From Paris With Love.

Discographie (albums)

From Paris With Love (2018)
Sealed With A Kiss (2014)

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