Les Secrets les Mieux Gardés de la Pop (23) : The Boys With The Perpetual Nervousness

Andrew Taylor est l’âme du groupe écossais Dropkick, Gonzalo Marcos fait partie du groupe espagnol El Palacio de Linares, qui a sorti son nouvel opus en début d’année. Ils ont joint leurs forces pour fonder The Boys With The Perpetual Nervousness, dont le premier album, Dead Calm, a été salué dans ces pages il y a quelques mois. Depuis Madrid et Édimbourg, ils nous ont livré une interview croisée, dans laquelle ils nous ont  expliqué entre autres leur rencontre, l’origine du nom de leur groupe ainsi que quelques souvenirs musicaux.

Comment vous êtes-vous rencontrés et comment a commencé votre collaboration ?

Gonzalo : J’étais fan de son groupe, Dropkick, j’ai écrit à Andrew pour qu’ils viennent jouer à Madrid. C’était en 2011 et ça continue !

Andrew : Après le concert de Dropkick à Madrid en 2011, on est restés en contact et quand Gonzalo est venu visiter Édimbourg il y a quelques années accompagné de sa petite famille, on s’est retrouvés pendant une des séances d’enregistrement de Dropkick et c’est là qu’on a écrit notre première chanson. Les mois suivants, on a correspondu par email et on a finalement enregistré les chansons ensemble à Madrid en 2018.

Qui a trouvé le nom du groupe et à quoi se réfère-t-il ?

G : C’est moi ! C’est le titre de la chanson qui ouvre Crazy Rhythms, le premier album des Feelies, qui date de 1980. The Feelies est le meilleur groupe de tous les temps. Nos chansons ne ressemblent pas du tout à ce qu’ils font mais ça n’a pas d’importance. Nous sommes le deuxième meilleur groupe de tous les temps ! C’est qui le boss ?

A : Je n’avais aucune idée de qui étaient les Feelies, j’avoue que je suis un peu honteux de l’admettre ! Depuis, je me suis renseigné et maintenant je suis fan !

Est-ce que vous avez travaillé différemment qu’avec vos groupes respectifs ?

G : Oui, c’était différent. Avec El Palacio de Linares, nous essayons de passer environ une semaine en studio à enregistrer avec un producteur. Là, nous avons décidé de tout faire très rapidement, en utilisant les premières prises et sans trop nous soucier d’obtenir un son épuré. Cela fait partie du charme, j’imagine.

A : En général, pour Dropkick j’écris les chansons de mon côté en commençant par les mélodies et les accords. Les mots ne viennent qu’après. Cette fois, c’était les textes de Gonzalo qui étaient le point de départ. J’avoue que le charme de ces enregistrements vient du fait que nous y sommes allés à l’instinct sans trop de réflexion et pratiquement pas de répétitions !

Retournons un peu dans le temps, où est-ce que vous avez grandi et qu’est-ce que vous diriez de cet endroit ?

G : J’ai grandi à Madrid et c’est là que j’ai passé toute ma vie. Grosse erreur, j’aurais dû essayer d’autres endroits ailleurs avant de devenir père ! En tout cas, Madrid est une ville animée avec ses avantages et ses inconvénients. Le bon côté, c’est qu’ici c’est difficile de s’ennuyer, il y a toujours à portée de main un restaurant avec quelque chose d’extravagant, un concert d’un groupe inconnu ou un film dans un cinéma du centre.

A : J’ai grandi dans un petit village du Nord-Est de l’Ecosse. L’exact opposé de Madrid. Il n’y avait pas un seul magasin ! Depuis 15 ans, je me suis installé juste à la sortie d’Édimbourg, à la campagne. C’est idéal, suffisamment proche de la vie en ville, les concerts, les restos et le QG de Dropkick et en même temps je peux continuer à mener une vie tranquille à la maison.

Boy With Perpetual Nervousness

Est-ce qu’il y avait beaucoup de musique à la maison ? Des musiciens dans la famille ?

G : Oui, pratiquement tous mes oncles et tantes (ainsi que ma mère) jouent d’un instrument. Certains ont fait partie de groupes et d’autres continuent à le faire. Un de mes oncles a même joué dans les années 80 dans un groupe de jangle pop à la The Smiths : Los Herméticos. Mes parents avaient une excellente collection de disques, dont j’ai hérité et que je chéris.

A : Oui mon père est un bon musicien et il est la raison pour laquelle je joue de plusieurs instruments. Il possède également une grande collection d’albums, qui m’ont énormément inspirés. Mon frère joue de la guitare, il chanté et a joué au sein de Dropkick pendant toute notre adolescence jusqu’en 2014, avant de passer à autre chose.

Est-ce que vous auriez une histoire amusante de votre enfance à me raconter ?

A : Euh, pas vraiment, j’étais relativement calme, un peu mondain ! Je me suis blessé en apprenant la batterie quand j’avais 8 ans. Il parait que ça arrive, quand tu loupes la batterie et tu frappes le genou à la place !

G : J’étais un gentil garçon un peu intello.

Est-ce que vous pourriez me dire la première chanson qui vous vient à l’esprit ?

A : La dernière qui est passée sur mon tourne disque aujourd’hui, Runaway de Del Shannon.

G : En ce moment, j’écoute Like I Do de Dori Freeman, une chanteuse country des Appalaches, petite-fille de William Gayheart (qui a également sorti un bel album cette année).

Est-ce qu’il y a un artiste, un album vers lesquels vous revenez tout le temps ?

A : C’est une réponse un peu trop facile, je sais, Revolver des Beatles. C’est le premier vinyle des Beatles que j’ai eu en ma possession quand j’étais tout petit et je l’écoute encore tout le temps.

G : Non, j’écoute toujours de nouvelles choses. Bon, et quand je veux me réconcilier avec le monde, je retourne aux Byrds.

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencés ?

A : Sans ordre de préférence, Tom Petty, Buddy Holly, Wilco, Neil Young, The Byrds, The Beatles.

G : Robert Forster & Grant McLennan (The Go-Betweens), Charlie Mysterio (Los Caramelos), Pete Dale (Milky Wimpshake), Fred (Philémon, entre autres), Karim Benzema.

Quel a été le premier album ou le premier single qu’on vous a offert ?

G : Je ne me souviens pas du premier, mais je me souviens du premier que j’ai demandé à mes parents de m’acheter: c’était le premier album de The Presidents Of The United States Of America, sorti en 1995. J’avais entendu une de leurs chansons à la radio quand j’avais 10 ans et ça a changé ma vie pour toujours.

A : Mon premier 45 tours, c’était le thème du programme télévisé pour les enfants Postman Pat ! Le premier pour lequel j’ai économisé de l’argent, c’est l’album Kick d’INXS, qui est sorti en 1987. C’est un album que j’aime toujours.

Si vous pouviez voyager dans le temps, quelle époque choisiriez-vous et qui seriez-vous ?

A : J’irais dans les années 80 et je rejoindrais Iron Maiden, je remplacerais par exemple Nicko McBrain, et j’en profiterais pour tourner dans le monde entier et jouer dans d’énormes stades !

G : Je n’aime pas les surprises, je reste comme je suis !

Quelle est la question que vous auriez voulu qu’on vous pose en interview ?

G : Gonzalo, quelle est la recette secrète du Coca-Cola ?

Est-ce que vous allez jouer en France ?

G: J’adorerais!

A : J’aimerais beaucoup ! Je reviens d’un concert acoustique de Dropkick à Paris et j’ai passé un super bon moment !

Andrew, quelle chanson de El Palacio de Linares choisirais-tu pour illustrer cette interview ? 

Cuestiones Inciertas de leur dernier album, Largos Agotadores. Il y a une super mélodie et comme pour le reste de l’album, la production et les arrangements sont fantastiques.

Gonzalo, quelle chanson de Dropkick ou d’Andrew en solo choisirais-tu ?

Back Door Key de Dropkick. Dot The I est le premier album de Dropkick que j’ai écouté et je suis rapidement devenu un grand fan. Quel bel album! Le début de tout.

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