Les Secrets les Mieux Gardés de la Pop (22) : Andy Burns

Andy Burns a enregistré son premier album dans le petit appartement qu’il louait à Tokyo, le second dans le studio de la maison de disques japonaise pour laquelle il travaillait. En pleine préparation du suivant, qui devrait sortir très bientôt et s’intitulera You’ll Do, il nous a parlé du Japon et de sa bulle, de chansons qui l’ont marqué et nous a fait écouter son dernier single : Antoine.

 

Bonjour Andy, où est-ce que tu as grandi ?
J’ai grandi à Perth en Australie, c’est un endroit idéal pour un gamin. Les gens y sont plutôt réservés et polis.

Est-ce qu’il y avait beaucoup de musique à la maison ?
Pas de musique du tout. Parfois, on écoutait du Barry White dans la voiture sur le chemin de l’école.
Est-ce que tu pourrais me raconter une petite anecdote de ton enfance ?
J’ai été attaqué par un cygne quand j’avais 4 ans. Ma petite sœur, qui avait elle-même 3 ans à l’époque, a foncé sur lui et a foutu son poing dans la figure.
Andy Burns
Quelle est la première chanson qui te vient là tout de suite à l’esprit ?
Power And Possession de Cindy Lee.
Est-ce qu’il y a un album, un artiste, vers lequel tu reviens fréquemment ?
Oui, les albums Now de Kim Jung Mi et Discreet Music de Brian Eno.
Quel est le premier album qu’on t’a offert, le premier que tu as offert ?
Je ne me souviens pas qu’on m’ait offert de la musique un jour, mais mais j’ai acheté Astro Lounge de Smash Mouth pour quelqu’un.
Si tu pouvais voyager dans le temps ru irais où et à quelle époque ?
J’irais au Japon pendant les années 80, avant l’éclatement de la bulle (bulle économique provoquée par un rapatriement soudain de capitaux japonais en provenance des États-Unis d’Amérique, suite à une dépréciation du dollar américain, qui a eu pour effet la stagnation économique et la déflation au Japon pendant plus de 10 ans. En gros…). Quand je vivais à Tokyo, j’ai rencontré pas mal de gens qui l’ont vécue. Dans leurs bouches, ça ressemblait un peu à un rêve hédoniste !
Est-ce que tu pourrais me raconter un peu ton escapade japonaise ?
J’y suis allé pour apprendre la langue et finalement j’y ai trouvé un boulot et j’y suis resté. J’avais acheté le billet sur un coup de tête, j’avais 22 ans, je suis resté 5 ans. La première année, j’ai bossé pour un label de musique. Travailler pour une boîte japonaise c’est en gros ce qui se rapproche le plus d’une seconde famille. J’étais le plus jeune et tout le monde me traitait comme un fils (je n’ai jamais rien déboursé aux repas et aux pots organisés au sein de la société, j’ai squatté chez le directeur général quand j’étais en galère…). La contrepartie, c’est que j’étais censé obéir et épouser la mentalité de la compagnie en permanence. Quand je les ai quittés pour une autre boîte, ils l’ont perçu comme une trahison. Ce qui était génial, musicalement parlant, c’est que j’avais mon propre petit studio à l’intérieur de mon appartement, je m’en suis donné à cœur joie. Tout ce dont j’avais besoin en somme c’était un vieux synthé Korg et deux guitares et le tour était joué !

Tu composes plutôt à quel endroit et sur quoi ?
Partout où je peux mettre la main sur une guitare acoustique ou un piano !
Est-ce que tu as un nouvel album en préparation ?
Oui ! Ça va s’appeler You’ll Do. Ça va parler du vieillissement et de son acceptation. Ça sonnera un petit peu comme du John Maus.
Est-ce que tu as prévu de jouer en France ?
J’ai fait un concert à Paris il y a quelques semaines. J’espère que je pourrai y jouer à nouveau l’an prochain. J’adore me produire en France. Je trouve que le public y est en général plus sympa et plus réceptif que dans les autres pays d’Europe.

Est-ce qu’il y a une question que tu aurais aimé que je te pose ?
Quel a été mon pire rencard ? Je me suis retrouvé au musée des parasites parce que mon rendez-vous voulait vaincre sa phobie des insectes et ça ne s’est pas passé comme prévu !
Est-ce qu’il y a un autre sujet que tu aimerais aborder ?
Je me suis intéressé dernièrement aux Lounge Lizards (comme le groupe du même nom). Je me demandais à quoi ça pouvait bien se rapporter et j’ai appris que l’expression date de 1917 (pour désigner de manière un peu péjorative des musiciens de salon). Je me vois bien me transformer en lézard de salon !
Laquelle de tes chansons aimerais-tu utiliser pour illustrer cette interview ?
Antoine.

https://lonelykorea.bandcamp.com/

Discographie

Good Grief (2018)
Excited (2017)

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