Les Secrets les Mieux Gardés de la Pop (2) : Baseball Gregg

Bonjour Luca, bonjour Sam, où vivez-vous ?

Sam: En Californie.

Luca: Et à moi à Bologne, en Italie.

Comment l’aventure Baseball Gregg a-t-elle commencé ?

Sam: J’ai rencontré Luca en Italie, en 2013 je crois, j’étudiais les Maths à l’université de Bologne, on est devenus très amis et on a décidé d’enregistrer quelques chansons ensemble après mon retour aux États-Unis.

Luca: L’idée n’était pas un projet musical entre deux continents, ça s’est fait naturellement, rien n’était planifié. On a donné quelques concerts, on avait juste des démos de quelques titres puis, l’été suivant, je suis allé en Californie et on a y a enregistré notre premier album, Vacation.

Sam, est-ce que tu es prof de Maths ?

Sam: Oui, j’ai enseigné un semestre à l’Université en Californie et aujourd’hui je suis professeur remplaçant pour le collège dans lequel j’ai moi-même étudié.

Qui a choisi le nom du groupe ?

Luca: Les gens qui nous suivent sur Twitter ! Sam leur a demandé des idées, on a reçu plusieurs propositions, dont Baseball Greg. Ma seule contribution a été d’ajouter le 2ème G de Gregg. Il y avait aussi David Lunch.

Sam : Et aussi Wealthy Cum.

 

 

Il y a une chanson de votre 2ème album, Infinite Scrolling, que j’aime beaucoup, l’intro m’a fait penser au sons expérimentaux, aujourd’hui vintage, des McCartney II de Paul McCartney et Rock Bottom de Robert Wyatt, est-ce que ça fait partie de vos influences ?

Luca: Waouh ! Je dirais que Soft Machine (dont Robert Wyatt a été membre) a pu m’influencer inconsciemment, je les ai pas mal écoutés à une époque. J’ai composé cette chanson, mais c’est surtout Sam qui a travaillé sur l’habillage et la production. On a essayé de n’utiliser que 3 textures différentes de claviers pour tout l’album, pour qu’il y ait une certaine homogénéité.

Sam: Si je devais définir une influence pour le ton de cette chanson, comme le fait d’avoir utilisé de la flûte, je dirais plutôt la chanson Untitled de Black Moth Super Rainbow, il  y a un son de flûtes poussiéreuses que j’aime bien.

Comment est-ce que vous vous décririez ?

Luca: Ok, je vais décrire Sam ! Sam est un gars très sympa. Tous ceux qui le connaissent disent que c’est le type le plus cool de la terre et c’est probablement vrai. Il m’a aussi fait découvrir plein de bonne musique. En gros c’est un gars à la fois normal et incroyable.

Sam: Ok, à moi de décrire Luca.

Luca: Non, tu peux te décrire toi, si tu préfères.

Sam: Je dirais que Luca est un gars normal et incroyable. Il arrive toujours à se démerder pour faire aboutir les projets qu’il a dans la tête. Il a changé ma vie d’une manière très positive.

Est-ce qu’il y a une petite anecdote d’enfance que vous aimeriez nous raconter ?

 

Luca: Le seul truc qui me vient à l’esprit, là tout de suite… Quand j’étais vraiment petit, j’adorais écouter Don’t Stop me Now de Queen et courir en rond dans la cuisine comme un dingue jusqu’à ce que la chanson soit finie. On a joué, il y a quelques semaines, à Phoenix et ils ont passé ce titre juste avant qu’on entre en scène, ça m’a rappelé mon enfance et je ne pouvais plus m’arrêter de tourner en rond !

 

 

Est-ce que vous écoutiez beaucoup de musique à la maison quand vous étiez plus jeunes ?

Van HalenLuca: Mon père joue du synthé donc il y avait toujours plein de musique, mais on n’écoutait pas forcément des artistes en particulier. J’ai grandi avec 2-3 disques en tout, 1984 de Van Halen, que j’écoutais tout le temps, et une compilation des Beatles. Ah oui, J’ai pris des cours de piano quand j’avais 5 ans, parce que j’étais jaloux d’un gars qui en prenait ! Je voulais juste pouvoir dire que j’allais à l’école de musique, ce n’était pas pour le piano !The Beatles - In my life

Sam: Mes parents n’écoutaient pas un artiste plus qu’un autre, juste ce qui passait à la radio ou à la télé. J’ai commencé à m’intéresser à la musique quand j’avais 12-13 ans, avec des copains on se passait des trucs. Quand j’étais ado, j’ai surtout piraté la musique sur internet.

Luca: Moi aussi, on est de la génération qui n’achetait plus de CD et le streaming n’existait pas encore !

Justement, j’ai découvert vos albums sur YouTube, est-ce que c’est vous qui les avez mis à la disposition des internautes ?

Luca: Non, c’est quelqu’un d’autre qui les a mis !

Sam: Mais on les encourage à le faire, même s’il n’y a pas de bénéfice financier direct, on sait que ça nous apporte quand-même une certaine reconnaissance.

Est-ce qu’il y a une chanson en particulier qui vous émeut ?

Luca: Je dirais une chanson des Beatles, Blackbird ou In My life. C’est eux qui m’ont donné envie de faire de la musique.

Mount Eerie - Now onlySam: Moi, je dirais les chansons des Beach Boys ou de Mount Eerie. Les groupes de Phil Elverum, Mount Eerie et The Microphones ont une place à part dans ma vie. J’aurais du mal à détacher des chansons des albums, qui forment un tout. Parmi toutes les chansons que Phil Elverum a écrites, les plus importantes pour moi seraient:  I Walked Home Beholding, Through the Tree’s Pt. 2 et I Hold Nothing avec Mount Eerie,  I Want Wind to Blow et The Glow avec The Microphones. Ses deux derniers albums, A Crow Looked at Me et Now Only sont pour moi d’incroyables œuvres d’art, même s’ils sont assez différents du reste de sa discographie.

Sur quel instrument est-ce que vous composez?

Sam: Parfois sur un synthé, parfois c’est une mélodie que j’ai dans la tête et j’enregistre ma voix sur mon téléphone.

Luca: A la guitare, mais je n’utilise jamais la guitare pour mes démos, je préfère le synthé et l’ordi.

Et une fois que vous avez une mélodie, comment ça se passe ?

Sam: J’enregistre une démo et pendant plusieurs semaines la mélodie se balade quelque part dans ma tête, alors je la retravaille. De temps en temps, je me réveille au milieu de la nuit en me disant que j’aurais dû utiliser tel accord, tel arrangement, jusqu’à ce que la chanson soit correcte. En général, je fais une chanson à la fois. Quand une nouvelle mélodie apparaît, la première disparaît pour un temps et c’est la seconde qui se met à me trotter dans ma tête. Quand la démo me plaît, je l’envoie à Luca.

Luca: Alors moi, je ne me souviens jamais des trucs que j’ai composés la veille donc ça ne risque pas de me réveiller la nuit ! J’enregistre très vite ma démo, de peur d’oublier pour toujours ma mélodie ! Ensuite, j’envoie le résultat à Sam, on en parle, on travaille dessus ou on l’abandonne si elle ne nous plaît pas assez. On en a plein comme ça au fond d’un tiroir.

La batterie du téléphone de Sam ayant lâché, je finis l’interview avec Luca.

Quelle est votre actualité ?

Baseball GreggOn s’est fixé l’objectif d’enregistrer une chanson par mois tout au long de l’année 2019, on ne sait pas encore exactement où ça va nous mener mais le nom du projet est Calendar. En janvier, on a sorti un premier titre, Toursong, et en février Waiting. Chaque chanson est accompagnée d’un texte qui raconte une histoire personnelle, Sam est très bon dans cet exercice. Waiting parle d’une conversation que Sam a eue dans un bar de Santa Barbara en 2012, avec quelqu’un qu’il ne connaissait pas deux minutes plus tôt. Après une heure de banalités, cette personne lui a révélé qu’elle était en train de mourir du sida. La chanson lui rend hommage.Baseball Gregg

Est-ce qu’il y a une tournée en France de prévue ?

Ce n’est pas encore planifié, on vient de finir une tournée aux États-Unis. Pour l’instant, quand Sam venait en Italie, il ne restait que 2-3 semaines, mais cette année il va essayer de se libérer 3 mois, on aimerait beaucoup en profiter pour faire des dates en Europe et bien sûr en France !

Laquelle de vos chansons aimerais-tu qu’on utilise pour illustrer cette interview ? 

Je dirais Infinite Scrolling, dont nous avons parlé, c’est une bonne bande son je pense pour une interview ! De notre dernier album en date (Sleep), J’aime beaucoup Gemini, c’est une chanson sur laquelle on a beaucoup travaillé. D’habitude on passe quelques jours, quelques semaines sur une chanson, mais celle-ci on a bossé dessus pendant 6 mois !

 

https://baseballgregg.bandcamp.com/

Discographie (albums)
Vacation (2016)
Sleep (2018)

 

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