Les Secrets les Mieux Gardés de la Pop (18) : Kai Danzberg

Dans son dernier album, Not Only Sunshine, sorti en février dernier, Kai Danzberg a réalisé un de ses rêves d’enfance, chanter en duo avec l’une de ses idoles, Roger Manning Jr. du groupe Jellyfish. L’album comprend aussi d’autres collaborations, avec David Myhr, que nous avons interviewé il y a quelques mois, et Lisa Mychols, entre autres. Depuis Hanovre, Kai a évoqué avec nous ses premières expériences musicales à l’âge de 4 ans, ses artistes préférés et ses projets pour 2019, dont la sortie imminente d’un nouvel EP intitulé Euphoria.

Bonjour Kai, où est-ce que tu es né et qu’est-ce que tu dirais de cet endroit ?
Je suis né à Hanovre en Allemagne en 1993, puis j’ai grandi à la campagne avant d’y revenir vers mes 17 ans, et de m’y installer. C’est une ville que j’adore, elle est grande mais pas aussi bondée que Berlin.

Off The WallEst-ce qu’il y avait beaucoup de musique à la maison ?
Oui, j’ai trois grandes sœurs et un petit frère, chacun joue au moins d’un instrument et on chante parfois ensemble. Mon père avait un bon stock de vinyles et de K7 quand j’étais petit, je me souviens que j’écoutais Off The Wall de Michael Jackson sur notre vieux lecteur de disques. J’ai toujours été attiré par les vinyles et j’en emportais parfois quelques-uns discrètement dans ma chambre.
Aurais-tu une petite anecdote d’enfance à me raconter ?
Quand j’avais dans les 3-4 ans, j’ai piqué tous les ustensiles de cuisine de mes parents et j’ai confectionné une petite batterie. Je ne me souviens plus ce que j’utilisais comme baguettes, probablement des stylos ou des crayons, et j’ai joué pendant des heures. J’ai fini par casser des bols et des assiettes, ce qui a rendu ma mère dingue parce qu’une partie de cette vaisselle appartenait à des amis. Mais finalement, mes parents se sont dit que j’avais un talent pour le rythme et ils m’ont acheté mon premier kit de batterie. C’est le premier instrument que j’ai apprivoisé, même si j’ai eu un peu d’aide de mon oncle, qui était batteur.

Que dirais-tu de toi aujourd’hui ?

C’est dur de parler de soi, je pense que je suis quelqu’un en qui on peut avoir confiance et j’essaie de toujours être sympa avec tout le monde. J’ai un côté nostalgique également, l’impression de ne pas appartenir à cette époque et de venir tout droit des années 60 ou 70. Je me sens décalé par rapport à ma génération et je crois que ce sera toujours le cas.

Kai Danzberg

Est-ce que tu as un hobby quand tu ne fais pas de musique ?

Pas vraiment, je traîne avec des potes où je glande, un peu de mauvaise humeur. C’est une véritable drogue et dès que je me réveille, je mets de la musique.

JellyfishPourrais-tu me parler d’une ou deux chansons qui t’émeuvent tout particulièrement ?

Il y a une chanson qui n’est vraiment pas connue, une démo de Michael Jackson qui s’appelle I’m The Loser. C’est lui qui l’a écrite et quand j’ai entendu les paroles la première fois, j’ai pratiquement fondu en larmes. J’avais du mal à m’imaginer qu’un artiste de sa trempe puisse se considérer comme un perdant. Mais ça prouve également que tu peux te sentir complètement désespéré même en étant l’un des êtres les plus chéris de la planète. Les paroles qu’il a écrites par exemple pour Tabloid Junkie parlent du fait que les médias véhiculent aussi des mensonges et que le public y croit. La chanson date de 1995 et rien n’a changé. J’écoute également beaucoup Electric Light Orchestra, les Beatles, Pink Floyd, Jellyfish, New Edition, Supertramp et bien d’autres. She’s Leaving Home des Beatles est l’une de mes chansons préférées, autant pour les paroles que pour la mélodie. J’aime les arrangements à corde dans la pop. Mr. Blue Sky d’ELO est également un chef-d’œuvre pour moi.

Est-ce qu’il y a un artiste vers lequel tu reviens toujours quand tu as moins la forme ?

Peut-être Michael Jackson, mais il y en a beaucoup d’autres, ou alors je me tourne vers des films ou des séries qui m’ont bercé, des vieux Disney, Mary Poppins ou Retour Vers le Futur. La musique est de toute façon toujours présente, il n’y a pas un jour sans que j’en écoute, ce serait un enfer si on me l’interdisait !

Quel est le premier album que tu as acheté ? Le premier qu’on t’a offert ?

Le premier que j’ai acheté, c’était Off The Wall, on était en vacances en Espagne au début des années 2000, je me revois avec mon lecteur de CD portable en train de l’écouter jusqu’à la fin des vacances. Le premier qu’on m’a offert, c’était un vinyle, un live des Jacksons de 1981, je l’ai toujours. C’était à la fin des années 90.

Si tu pouvais voyager dans le temps, quelle époque choisirais-tu ?

J’irais certainement dans les années 60. Et j’y resterais pour toujours je pense et j’y ferais de la musique, j’irais à des concerts dont j’ai toujours rêvé.

Est-ce que tu as un endroit, un moment et un instrument de prédilection pour composer ?

La plupart du temps, je compose sur la guitare ou le synthé, bien que je ne sois pas un pro au clavier ! Les idées me viennent où que je sois, souvent quand je marche en forêt près de chez moi, et j’enregistre tout ça sur mon téléphone. Parfois, je me lance dans une improvisation rythmique sur l’ordinateur, et j’enchaîne sur un instrumental avant de broder autour une mélodie.

Est-ce que tu as une approche conceptuelle pour tes albums ?

C’est toujours les chansons en premier, je ne pense à la possibilité d’un album que quand j’ai 5 à 7 chansons qui me plaisent vraiment et qui sont finies. Bon, en vérité, j’ai un album conceptuel de 45 minutes qui n’est jamais sorti. Il raconte une histoire et toutes les chansons s’imbriquent les unes dans les autres. J’ai travaillé dessus pendant un an et demi et j’ai laissé tomber parce que je n’étais pas complètement satisfait de certaines chansons. J’aime bien les albums concepts donc pourquoi pas, un jour…

Est-ce que tu travailles sur quelque chose en ce moment ?

Oui, j’ai deux projets : un EP de 5-7 chansons qui sortira cette année et je prépare un nouvel album sans doute pour 2020. Ça devrait être un album fortement inspiré par ELO. Il y aura aussi des samples de Bach ou Vivaldi.

Laquelle de tes chansons aimerais-tu que j’utilise pour illustrer cette interview?

Not Only Sunshine (Reprise), qui est le titre de mon dernier album, sorti en février dernier et qui comprend des chansons avec Lisa Mychols, Dana Countryman, David Myhr, Johann Danzberg (mon petit frère),  Roger Joseph Manning Jr. (Jellyfish) entre autres.

Comment se sont produites les collaborations avec Roger Manning et David Myhr ?

Je suis en contact avec Roger depuis 2013. Je lui ai proposé une première collaboration en 2016 mais il était trop occupé à l’époque. Je voulais absolument qu’il soit sur Not Only Sunshine, je l’ai recontacté début 2018. Il était d’accord mais il était toujours très pris ! Avec Dana Countryman, on a écrit la chanson Turn Away, et en octobre 2018, Roger a pu se libérer pour l’enregistrer. La chanson avec David Myhr, Nothing In My Head, ça s’est fait de manière très spontanée. J’ai toujours adoré ce qu’il faisait et on avait un peu échangé sur les réseaux sociaux. Je lui ai demandé s’il était OK pour chanter le pont, parce que je me disais que c’était son style. Il a écouté le titre et a accepté. Quelques semaines plus tard, il m’a envoyé sa contribution vocale. Pour l’instant, je ne les ai pas encore rencontrés.

Site Internet

www.danzberg-music.de

Discographie (albums)

Pop-Up Radio (2018)
Not Only Sunshine (2019)

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