Les Secrets les Mieux Gardés de la Pop (17) : Martin Newell

Martin Newell, parfois appelé le ″Psychedelic Gardener″ ou encore ″Mr Mule″, se définit lui-même comme un « musicien amateur passionné ». Il a commencé sa carrière musicale dans les années 70 comme chanteur de Glam-Rock avant de fonder, au début des années 80, The Cleaners From Venus et The Stray Trolleys, aujourd’hui considérés comme les précurseurs du Lo-Fi, des groupes qui enregistraient avec les moyens du bord et commercialisaient leurs propres K7 en dehors des circuits traditionnels. Toujours verts, ils ont sorti leur dernier album en 2018, ″Life in a Time Machine″, tandis que Martin travaille actuellement sur de nouveaux morceaux qui pourraient sortir l’an prochain. 2019 est une année pleine pour Martin Newell, dont le parcours a été mis en images dans un film réalisé par Graham Bendel, qui sortira fin août dans des cinémas d’art et essai. En octobre, il publiera le deuxième volet de son autobiographie, et en exclusivité pour cette interview, Martin nous a offert un titre inédit, ″Tricky Customer, Johnny Tomorrow″ !

Bonjour Martin, où est-tu né ?

Je suis né à Harpenden, dans le Hertfordshire, une petite ville à 30 miles (environ 48 km) au nord de Londres, un endroit très plaisant, typiquement britannique à sa manière.

Est-ce que ta famille écoutait beaucoup de musique ?

J’ai été élevé dans une famille militaire, on voyageait tout le temps. On n’a pas eu de lecteur de disques avant mes 12 ans. Ma mère et sa sœur chantaient beaucoup, tout le temps, parfois dans des chœurs, parfois dans des petits groupes de chant. La musique était très importante pour nous tous. Ma tante a appris toute seule à lire la musique et à jouer du piano. Quand j’ai eu 12-13 ans, je me suis mis à l’apprentissage de la guitare et, surtout, de l’écriture de chansons.

Est-ce que tu pourrais me raconter une petite anecdote de ton enfance ?

Quand j’avais quatre ans, ma mère est entrée dans la cuisine et elle m’a trouvé assis par terre, en train de chanter à tue-tête la chanson Diana de Paul Anka.

Que dirais-tu du Martin d’aujourd’hui ?

Je suis une grande asperge britannique de 66 ans, qui n’est bonne qu’à écrire des poèmes et des chansons pop jusqu’à l’ennui.

Est-ce que tu as un hobby quand tu ne fais pas de musique ?

J’aime faire du vélo dans la campagne et des photos avec un appareil digital bon marché que j’ai acheté. Je ne vois bien que d’un œil, alors j’essaie de capturer ce que je vois, avant de perdre définitivement l’usage de la vue.

Pourrais-tu me citer deux chansons qui t’émeuvent tout particulièrement ?

Il y en a trop et ça dépend des moments. Si je devais en retenir deux, je dirais There’s A Place des Beatles et Break du groupe grec Aphrodite’s Child. Ces deux-là contiennent une aspiration indéfinissable que j’ai ressentie tout au long de ma vie.

Y a-t-il un artiste ou un groupe vers lequel tu reviens toujours ?

Pareil, ça change un peu au fil du temps, mais l’album Odessey and Oracle des Zombies me vient tout de suite à l’esprit. Ils viennent de Saint Albans, à 5 miles de chez moi.

Quel est le premier disque qu’on t’a offert, le premier que tu as acheté ?

Le premier que j’ai reçu, je pense que c’était A Hard Day’s Night des Beatles. Le premier que j’ai acheté, c’était The Who Sell Out des Who, je me le suis offert avec l’argent que j’avais gagné quand je distribuais des journaux.

Si tu pouvais voyager dans le temps, à quelle époque irais-tu ?

On m’a déjà posé cette question. En tant qu’auteur, peut-être que j’aurais voulu être l’écrivain américain Washington Irving dans les années 1810. Il a voyagé dans toute l’Angleterre à l’époque et l’a décrite aussi bien qu’un certain Charles Dickens. En tant que musicien, soit Paul McCartney soit Keith Richards en 1966, je crois qu’ils étaient alors au top de leur créativité. L’Angleterre avait l’air assez fun aussi à cette époque là, mais je n’avais que 14 ans.

Martin Newell

Est-ce que tu as un moment et un instrument privilégiés pour écrire ?

J’écris plutôt pendant la journée mais parfois aussi en début de soirée, autant à la guitare qu’au piano.

En écoute, Tuscany Row, de l’album Songs From The Station Hotel :

Es-tu du genre « conceptuel » quand tu penses à un album ?

J’écris des chansons. Je suis « paramétré » pour écrire des chansons. Il n’y a rien de plus élevé qu’un concept. Mais, c’est l’air qui vient en premier, puis j’ai un carnet dans lequel j’ai de potentiels bons titres de chansons. Après ça, je n’ai plus qu’à utiliser ma folle imagination. L’écriture de chansons et de poèmes se situe quelque part entre la grande idée qui a surgi dans la nuit noire et le dur travail de logique effectué à la dure lumière du matin.

Est-ce que tu as un nouvel album en préparation ?

Tu le croiras ou non, mais j’essaie en ce moment d’enregistrer des chansons en explorant des sons et des idées plutôt atypiques pour moi. J’essaie de trouver un peu de souplesse… de faire quelque chose de différent. Le prochain album sortira sans doute courant 2020 et je mettrai en ligne quelques morceaux inédits en attendant.

D’autres projets ?

Il y a un film documentaire qui va sortir sur moi, réalisé par Graham Bendel, qui s’intitule UPSTAIRS PLANET: Cleaners From Venus & The Universe of Martin NewellLa première mondiale aura lieu le 29 août prochain au Regent Street Cinema dans le West End à Londres. J’ai aussi le deuxième tome de mes mémoires qui va sortir en octobre de cette année, The Greatest Living Englishman – 1975 to 1995.

 

Tu connais un peu la France ?

J’aime beaucoup la France, en particulier Arras dans le nord et Menton, dans le sud, où vivait Jean Cocteau. Et Léo Ferré, le chansonnier monégasque, est un de mes héros ! Voici ma version d’une de ses chansons, j’ai traduit moi-même les paroles, j’ai fait de mon mieux !

Est-ce qu’il y a une question que tu aurais aimé que je te pose ?

Il n’y en a aucune qui me vient.

Quelle chanson choisirais-tu pour illustrer cette interview ?

Je vais t’en faire écouter une qui est complètement inédite, elle sera peut-être sur le prochain album. Elle s’appelle Tricky Customer, Johnny Tomorrow.


Site Internet

http://www.martinnewell.co.uk

Discographie

Année Album Label Information additionnelle
1981 The Cleaners from Venus Blow Away Your Troubles Autoproduit
1982 The Cleaners from Venus On Any Normal Monday Autoproduit
1982 The Stray Trolleys Barricades and Angels Autoproduit Enregistré entre 1979 et 1980
1982 The Stray Trolleys / The Cleaners from Venus Secret Dreams of a Kitchen Porter Autoproduit Enregistré en 1980
1982 The Cleaners from Venus Midnight Cleaners Autoproduit
1983 The Cleaners from Venus In the Golden Autumn Autoproduit
1984 The Cleaners from Venus Under Wartime Conditions Autoproduit
1985 Martin Newell Songs for a Fallow Land Autoproduit
1986 The Cleaners from Venus Living with Victoria Grey Autoproduit
1987 The Cleaners from Venus Going to England Ammunition
1988 The Cleaners from Venus Town & Country RCA
1988 The Brotherhood of Lizards The Brotherhood of Lizards Acid Tapes Mini-album
1989 The Brotherhood of Lizards Lizardland Deltic
1990 The Cleaners from Venus Number Thirteen Autoproduit
1993 Martin Newell The Greatest Living Englishman Humbug Produit par Andy Partridge
1995 Martin Newell The Off White Album Humbug Produit par Louis Philippe
2000 Martin Newell The Spirit Cage Cherry Red
2002 Martin Newell Radio Autumn Attic Cherry Red
2004 Martin Newell The Light Programme Cherry Red
2007 Martin Newell A Summer Tamarind Cherry Red
2011 The Cleaners from Venus English Electric Kool Kat
2011 The Cleaners from Venus In Chimp World Kool Kat
2013 The Cleaners from Venus The Late District Kool Kat
2014 The Cleaners from Venus Return to Bohemia Soft Bodies
2015 The Cleaners from Venus Rose of the Lanes Soft Bodies
2016 The Cleaners from Venus The Last Boy in the Locarno Soft Bodies
2018 The Cleaners from Venus Star Cafe Autoproduit Bande Originale de la comédie musicale D.I.Y.
2018 The Cleaners from Venus Life in a Time Machine Autoproduit

 

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