Laura Veirs – My Echo

(Bella Union)

Un grand disque de décomposition ?

Pour un artiste, composer un album repose sur ses expériences, ses sentiments, ses ressentis. Puis il faut donner une cohérence à cet ensemble. L’artwork, les couleurs, le nom donné à un disque sont partie intégrante du processus de création. Les définitions du terme « écho » donné par le Larousse nous offrent ainsi des clés pour bien comprendre le choix de Laura Veirs et la teneur de ce nouveau disque. L’écho est une onde acoustique qui parvient à un point donné après réflexion avec une intensité et un retard suffisants pour être perçue comme distincte de l’onde directe par l’auditeur, et aussi une réponse favorable à une invitation. Bien sûr, le travail de composition en amont est sans aucun doute le plus important. Un disque ne serait rien sans bonnes chansons. Laura Veirs le sait très bien, elle qui peut parfois proposer une dizaine de versions d’un même titre pour au final n’en garder qu’une seule.

Passé ce préambule, on peut dire que le onzième album studio de Laura Veirs est un grand disque de, ou plutôt sur la… décomposition. Non pas que les chansons soient déconstruites ou dissonantes, mais si de déliquescence il est question, c’est celle du couple que l’Américaine formait avec son producteur et collaborateur de mari depuis plus de 20 ans.

Du premier titre Freedom Feeling sur lequel Laura Veirs chante sa recherche de liberté au grand bouleversement récent qui a touché sa relation amoureuse (« Outside the sky keeps changing forever, it reminds me a lot of you and me« , dit-elle) sur le morceau qui clôt l’album (Vapour Trails), en passant par les petites choses (de la vie) qu’elle ne peut sauver (All the things), la résidente de Portland dépeint au travers des 10 titres ses réflexions intérieures, qui lui sont renvoyées en effet miroir (en écho ?) et auxquelles elle fait face, sereine. Et son splendide morceau-hommage à Richard Swift  (grande figure du rock indé US), Burn too Bright, confirme qu’elle est bien le pendant féminin de Damien Jurado dans sa façon de trousser des mélodies accrocheuses.

Car Laura ne verse jamais dans le pathos. Seule à la guitare, accompagnée de musiciens de renom (Karl Blau, Bill Frisell, Jim James, M. Ward…) sur certains titres ou encore du Bizarre Star Strings, ce disque indie-folk nous emmène de Nashville 2.0 avec Turquoise Walls jusque sur des rivages presque bossa-novesques avec Another Space and Time.

My echo, un grand disque de décomposition ? Parlons plutôt ici d’une très belle œuvre de transition dont la résonance a trouvé grande grâce à nos oreilles.

Ecouter sur Bandcamp

Discographie
Laura Veirs (1999)
The Triumphs and Travails of Orphan Mae (2001)
Troubled by the Fire (2003)
Carbon Glacier (2004)
Year of Meteors (2005)
Saltbreakers (2007)
July Flame (2010)
Tumble Bee (2011)
Warp and Weft (2013)
The Lookout (2018)
My Echo (2020)
Avec k. d. lang et Neko Case :
case/lang/veirs (2016)

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