John Myrtle, « outsider éternel » de la pop en approche

Attention, futur « outsider éternel de la pop en vue » ! Il s’appelle John Myrtle, il a la vingtaine, porte des chemises froissées et quelque chose nous dit qu’il a le profil parfait pour figurer d’ici quelques années dans notre rubrique des « Secrets les mieux gardés de la pop ».

Pour être tout à fait honnête, c’est à la faveur des algorithmes « Spotify » que nous sommes tombés sur lui et sur le titre Foggy. L’écoute du premier album de Modern Nature vient de s’achever, et la plateforme de streaming verte se met alors à diffuser un morceau que l’on croirait échappé du répertoire de The Clientele. On se saisit du smartphone et on vérifie si c’est bien d’eux dont il s’agit. Erreur d’appréciation : ce n’est pas la voix (ni la guitare) d’Alasdair MacLean que l’on entend, mais celle d’un parfait inconnu. En l’occurrence, celle d’un certain John Myrtle, auteur dudit Foggy en question.

John Myrtle.

On regarde ce qu’il a sorti jusque là. Et on se rend compte qu’il s’agit d’un rookie, un vrai, auteur d’un seul et unique EP paru au début de l’été dernier. Sobrement intitulé Here’s John Myrtle, celui-ci renferme une collection de cinq titres de pop psyché 60’s, totalement hallucinants de charme et de simplicité. On pense à la teinte pastel et au filtre embrumé de The Clientele, ou encore aux Kinks.
Cyril The Slug, autre petite perfection de ce premier maxi qui parvient à coincer le (Hey) Bulldog de Lennon dans le quatre-pièces de Syd Barrett , finit de nous convaincre qu’on tient là un petit numéro sur lequel il serait bon de miser pour les mois et les années à venir.

Force est de constater que l’on se sait pas grand chose de ce gringalet londonien. Quelques petites recherches nous ont tout de même permis d’apprendre que l’enfance de John Myrtle a effectivement été bercée par les frères Davies. Mais que ses influences se situent aussi chez d’autres compatriotes britanniques un peu plus contemporains (mais pas trop non plus) comme Shack ou The Servants (les autres, pas ceux d’Orchestra). On sait aussi qu’il a accompagné un certain nombre de jeunes groupes londoniens en tant que bassiste, mais qu’il n’y a jamais vraiment trouvé son compte.

Ce premier EP, John Myrtle l’a publié – presque à la demande générale – après un passage remarqué chez Marc Riley, dans les studios de la BBC Radio 6 Music au printemps dernier. Here’s John Myrtle est sorti chez Bingo Records, un petit label aujourd’hui basé à Sheffield à surveiller de près lui aussi, tant les artistes et les groupes qu’il abrite apparaissent comme les véritables gardiens du temple de la « pop à l’ancienne ». On pense notamment au groupe Mr Ben & The Bens. Mais en attendant de s’intéresser à cette formation aussi foutraque qu’un mix entre Cate Le Bon, Teleman et Belle and Sebastian, il serait bien dommage de passer à côté des petites contrariétés et de la fantaisie toute en spleen de John Myrtle, sur lequel on peut d’ores et déjà placer nos plus doux espoirs.

 

 

 

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