John Bramwell – Leave Alone The Empty Spaces

(AllPoints)

Retour du leader d’I Am Kloot, en solo et dans le plus simple appareil.

Avec ses chansons fulgurantes et sans artifices, ses textes puisés dans le réel et ses accords que l’on imaginait griffonnés au bout du comptoir d’un pub de Manchester, le premier album d’I Am Kloot (Natural History) est entré dans nos vies un matin du printemps 2001, pour ne plus jamais nous quitter. Depuis ce coup d’essai en forme de coup de maître, John Bramwell (guitare – chant), Paul Jobson (basse) et Andy Hargreaves (batterie) n’ont eu de cesse de creuser un même sillon, égrainant avec passion et discrétion de merveilleuses saynètes folk-pop nourries du quotidien.

Au fil d’une discographie sans faiblesse et sans bouleversements majeurs, le trio a parfois tenté d’élargir sa palette, embellissant par exemple à coup d’arrangements subtils les compositions d’un bleu profond de l’élégant Sky at Night (2010). C’est pourtant bien l’écriture de John Bramwell, l’un des songwriters britanniques les plus brillants de sa génération, qui aura toujours été le cœur battant de ce groupe délicat et régulièrement poignant. D’où la joie intense qui nous étreint à l’idée de le retrouver aujourd’hui, cinq ans après le dernier album d’I Am Kloot, pour un premier effort solitaire tout en finesse, né sur la route lors d’une tournée acoustique de plus de 300 dates et plus que jamais marqué par l’influence des grands maîtres du folk anglais (Times Arrow, The Whipperwill).

Nous connaissons la rivalité légendaire qui oppose depuis toujours les deux grands bastions musicaux et footballistiques du nord-ouest de l’Angleterre, Manchester et Liverpool. Sur Leave Alone The Empty Spaces, John Bramwell prouve pourtant que tous les rapprochements, y compris les plus improbables, sont possibles. Ce grand disque intimiste et à hauteur d’homme (Sat Beneath the Lighning Tree, Meet Me At The Station) trouve en effet beaucoup plus de correspondances dans l’authenticité boisée typique des enfants surdoués de la Mersey (Michael Head, Lee Mavers, Nick Ellis), que dans les sonorités plus alambiquées qui résonnent souvent dans les rues de sa ville d’origine.

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