Israel Nash – Topaz

(Loose)

Si vous cherchez le point géographique de convergence d’influences musicales aussi diverses que la soul du label Stax , celle de l’écurie Muscle Shoals, le son du Crazy Horse (version 70s) de Neil Young et le rock du bayou de Creedence Clearwater Revival de John Fogerty, vous le trouverez quelque part au Texas à Dripping Springs. Plus précisément, dans la cabane Quonset qu’Israel Nash s’est faite construire à quelques pas de sa maison et dans laquelle il a enregistré son nouvel album, Topaz.

Ajoutez à cela quelques touches du Pink Floyd, et vous obtiendrez un folk (cosmique ?) de très haute tenue. A l’image de l’esprit conscient de Nash, mais loin des consciences enfumées qui pullulaient dans le monde musical des années 60-70. Le propos de Topaz est clair et le fruit de la réflexion de son auteur, par ailleurs diplômé de sciences politiques. Depuis son havre texan, Israel Nash observe ainsi le monde actuel et n’y trouve que vacuité politique comme sur le morceau Dividing Lines, titre sur lequel il fustige les politiciens irrationnels et clivants (suivez mon regard) et parfois sentiment d’isolement comme sur le morceau Down in the country. Ces deux morceaux donnent la tonalité musicale de l’album, un son cinématographique, ample, émaillés de solos de guitares folk-rock et soutenus par une section cuivre soul. Certaines chansons donneraient presque l’envie de prendre le volant de sa voiture et rouler sur une highway américaine, face au soleil couchant, le titre Stay dans l’autoradio.

Très cliché tout cela, me direz-vous, mais tant pis, j’assume. Indiana et Howling wind achevant cette impression d’ouverture et de grands espaces. Des espaces de liberté où pointent cependant la peur, voire l’angoisse de vivre dans l’Amérique d’aujourd’hui (écouter les titres Pressure ou encore Sutherland Springs qui dénonce une nouvelle fois la libre circulation des armes dans certains Etats des USA avec les conséquences terribles que l’on connaît). D’autres titres comme Closer et Southern Coast explorent des contrées musicales nouvelles. Plus électroniques, des nappes de synthé y remplacent parfois les instruments iconiques de la folk pour délivrer des chansons aux mélodies magnifiques et aux harmonies spatiales.

La musique est belle à l’oreille, chaleureuse et réconfortante, mais le constat est amer. Les mots sont là pour nous le rappeler, comme un caillou glissé dans la chaussure. Alors pourquoi intituler son disque Topaz ? On dit que cette pierre serait protectrice à la fois pour le corps et pour l’esprit, et qu’elle faciliterait le dialogue et l’écoute, un caillou précieux donc. Ce que l’on sait pour sûr c’est qu’elle revêt différentes couleurs, à l’image de cet album aux multiples facettes très réussi…

Israel Nash, terre promise où l’on trouve des gemmes.

Topaz d’Israel Nash est sorti le 12 mars 2021 chez Loose Music

Liste des titres
Dividing Lines
Closer
Down In The Country
Southern Coasts
Stay
Canyonheart
Indiana
Howling Wind
Sutherland Springs
Pressure

www.israelnash.com
Bandcamp

Discographie
New York Town (2009)
Barn Doors and Concrete Floors (2011)
Israel Nash’s Rain Plans (2013)
Israel Nash’s Silver Season (2015)
Lifted (2018)
Topaz (2021)

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