Isobel Campbell – There Is No Other…

(Cooking Vinyl)

Finalisé depuis 2016, le troisième album solo d’Isobel Campbell est resté au placard pendant près de quatre ans avant de voir enfin la lumière du jour, victime collatérale de la fermeture du label avec lequel la chanteuse venait de s’engager. L’Ecossaise a en effet dû mener une longue bataille juridique afin de récupérer les droits de ses nouvelles chansons, qui succèdent donc très tardivement à celles de son dernier album en date, Milkwhite Sheets, sorti il y a 14 ans. Membre originel de Belle & Sebastian, qu’elle quitta au printemps 2002 au milieu d’une tournée en Amérique du Nord, largement saluée pour avoir si bien joué à Nancy & Lee en compagnie de Mark Lanegan (avec lequel elle a réalisé trois albums indispensables), Isobel Campbell n’avait plus donné de nouvelles depuis sa participation au dernier The Jesus & Mary Chain, Damage and Joy (2017). Établie outre-Atlantique depuis quelques années avec son compagnon, l’ingénieur du son Chris Szczech, Campbell a finalement signé un contrat avec un nouveau label, l’Anglais Cooking Vinyl. Ce dernier commercialise ces jours-ci ce nouvel album sauvé des eaux, auquel ont notamment participé le guitariste Jim McCulloch (Soup Dragons) et le claviériste Dave McGowan (Teenage Fanclub).

Derrière une pochette qui pourrait être celle d’un disque de folk psychédélique des années 60-70, There Is No Other… flirte élégamment avec la bossa nova (Rainbow), le gospel (Hey World), les sonorités orientales (The National Bird Of India), ou encore la ferveur country-soul de la disparue Bobbie Gentry (The Heart of It All). Au-delà de ces moments tendres et attendus, où la voix mutine d’Isobel Campbell vient se blottir au creux d’une orchestration taillée dans les étoffes les plus douces (City of Angels,Vultures, See Your Face Today), le disque réserve cependant quelques petites surprises. Témoin une relecture audacieuse de Runnin’ Down a Dream de Tom Petty (1989), qui troque le clinquant de la production d’époque (signée Jeff Lynne) contre un habillage electro-pop rudimentaire, à la manière de pionniers tels que Soft Cell ou The Human League. Qu’elles jouent en terrain connu ou qu’elles cherchent à sortir ainsi de leur pré carré, les chansons de There Is No Other… méritent de connaître enfin la liberté.

Discographie
Amorino (2003)
Milkwhite Sheets (2006)
There is No Other… (2020)

www.isobelcampbell.com

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