Interbellum ou le Liban indépendant en musique !

C’est sur l’un des labels libanais indépendants les plus connus, Ruptured, qu’Interbellum a sorti son deuxième album Dead Pets, Old Griefs en octobre dernier. Avant un concert attendu le 08 février prochain dans le cadre du Melodica Festival Paris à La Bellevilloise, on a échangé par mail avec Karl Mattar, chef d’orchestre du groupe depuis 2015.

Peux-tu présenter ton projet Interbellum ?
Interbellum est un projet que j’ai commencé en 2015 à Beyrouth. Après avoir joué en solo pendant quelques années, je voulais quelque chose de différent, de plus stratifié, de plus collaboratif. C’est toujours un projet d’auteur-compositeur-interprète dans l’esprit, mais je travaille en étroite collaboration avec mon producteur Fadi Tabbal et nous faisons parfois appel à d’autres musiciens. Et c’est plutôt en roue libre sur le plan sonore, le son du dernier album navigue entre noise pop, garage rock, dream-pop, psych pop, entre autres.

Pourquoi le nom Interbellum, qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
C’était à l’origine le titre de travail de l’une des premières chansons du projet. J’ai aimé le mot et sa signification. J’aime le fait qu’il n’existe qu’après coup et qu’il se définit par quelque chose qu’il n’est pas. Et j’aime ses connotations, littérales et figuratives. Dans mon esprit, cela évoque un malaise, une incertitude… quelque chose de terrible vient de se produire. Mais c’est aussi une sorte de silence entre les tempêtes. Un temps de repos et de réévaluation. Compter les morts. Préparez-vous pour la prochaine guerre, sachant qu’elle a déjà été perdue.
Peux-tu présenter ton deuxième album, Dead Pets, Old Griefs, en quelques mots ?
Dead Pets, Old Griefs est un album sur la mémoire, le temps et les traumatismes. Il s’agit d’une tentative (vaine) de récupérer et de se réconcilier avec le passé, encore et encore, en le déformant. J’ai enregistré l’album avec Fadi Tabbal dans ses studios Tunefork à Beyrouth. Je travaille avec Fadi depuis 2012. Je l’ai d’abord rencontré par le biais de Serge Yared – ils avaient un groupe appelé The Incompetents dont j’étais un grand fan.
Vis-tu toujours au Liban ? Peux-tu nous décrire la scène musicale indépendante à Beyrouth et à travers le pays ?
Je passe mon temps entre Beyrouth et Berlin. La scène musicale indépendante à Beyrouth est petite mais il y a des trucs vraiment géniaux là-bas comme le groupe Postcards (qui a contribué à Dead Pets, Old Griefs) et The Bunny Tylers (l’un des projets de Fadi), qui sont deux de mes préférés. C’est une scène très DIY, collaborative et pleine de ressources, il n’y a pas beaucoup d’infrastructures pour la supporter, mis à part les passionnés qui font ce qu’ils peuvent. Ces circonstances et ces luttes peuvent entraîner de véritables talents.

Venez voir et découvrir Interbellum le vendredi 08 février à La Bellevilloise, dans le cadre du Melodica Festival Paris. Le groupe sera sur scène à partir de 20h.

Écoutez Dead Pets, Old Griefs sur Bandcamp

Discographie
Dead Pets, Old Griefs (2018)
Now Try Coughing (2016)

Retrouvez Interbellum sur internet
Bandcamp
Facebook
Interbellummusic.com

(Photos : DR)

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