I Love My Label (6) : Tapete Records

Avec ″I Love My Label″, Fanfare part à la rencontre des labels indépendants qui font vivre la pop, un peu partout dans le monde. 

Bill Pritchard, Robert Forster, Pete Astor, Lloyd Cole, The Lilac Time… Feuilleter le catalogue de Tapete Records, c’est un peu comme relire le sommaire d’un vieux numéro des Inrockuptibles, à l’époque lointaine du prestigieux bimestriel. Depuis près de 20 ans, le label basé à Hambourg défend avec ferveur une pop ligne claire à l’esthétique irréprochable, réunissant, en plus des artistes cultes précités, la crème de la scène indie pop d’Angleterre (The Clientele, Comet Gain, The Proper Ornaments) mais aussi d’outre-Rhin (Friedrich Sunlight, Jaguwar, Der Englische Garten). A quelques jours de la sortie d’une nouvelle référence qui comblera les amateurs de pop ciselée (le formidable premier album solo de Gary Olson, leader de The Ladybug Transistor), l’un des deux fondateurs du label, Gunther Buskies, a répondu à nos questions. 

Gunther Buskies (© Simon Hegenberg)

Pourrais-tu nous présenter Tapete Records ?

Tout a commencé en 2002. Nous étions une équipe de quatre passionnés de musique qui voulaient sortir la musique d’amis et d’artistes que nous aimions. Presque 20 ans et des centaines de sorties plus tard, nous sommes dix personnes qui s’occupent des sorties, de l’édition et de l’organisation de concerts de grands artistes tels que Robert Forster, Comet Gain, The Monochrome Set, Christian Kjellvander, The Clientele, Pete Astor et bien d’autres. Lorsque votre activité quotidienne consiste à sortir de la musique et à travailler avec des artistes que vous adorez, c’est un peu comme un rêve devenu réalité.

Quels sont les labels qui vous ont le plus inspirés pour créer le vôtre ?

Il est toujours inspirant de voir des gens qui créent des labels parce qu’ils aiment la musique et veulent sortir des albums ou soutenir des artistes. Lorsque ces labels parviennent à défendre un certain goût ou une certaine esthétique musicale, ils ont le potentiel pour devenir des labels cultes, comme Factory, Creation, Sarah Records… En Allemagne, des labels tels que AtaTak, ZickZack et L’Age D’Or ont ce statut. Et comme nous avons commencé en écrivant et en produisant des chansons dans notre bureau, nous aimons voir une petite ressemblance avec Tamla Motown (rires). La partie économique a toujours été la plus compliquée.

Comment choisissez-vous les artistes et comment faites-vous pour les convaincre de vous rejoindre ?

Nous leur téléphonons, à eux ou à leur management. Ou bien nous leur écrivons un e-mail. Et la plupart d’entre eux acceptent de nous rejoindre.

Pensez-vous que les formats physiques ont encore de l’avenir ?

Je ne suis pas en mesure de prédire combien de temps ils auront encore un avenir, mais je peux seulement espérer qu’il y aura toujours une demande de produits physiques, pour des raisons économiques et stylistiques. Ils ont agréables à regarder et à écouter. Mettre un vinyle sur votre platine nécessite un effort qui témoigne de votre dévotion à la musique, bien plus que de cliquer sur votre smartphone.

© Simon Hegenberg

Comment les ventes du label sont-elles réparties entre les formats physique et numérique ? Et entre CD et vinyle ?

Cela varie d’une sortie à l’autre. En règle générale, on peut dire que nous vendons 1/3 en vinyle, 1/3 en CD et 1/3 en numérique.

Quels rapports entretenez-vous avec les gens qui achètent des disques du label ?

Nous avons la chance d’avoir des soutiens fidèles dans le monde entier. Beaucoup de nos clients sont devenus des amis, et certains sont même devenus des artistes de notre label.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui lancerait un label ?

Il y aura de nombreux obstacles. N’abandonnez pas. Ne soyez pas trop optimiste, car malheureusement, il y a moins de gens qui ont des goûts musicaux identiques aux vôtres que vous ne l’espériez. Et ce n’est pas une mauvaise idée d’avoir une calculatrice à portée de main.

Quel groupe ou artiste auriez-vous aimé signer ?

Il y en a beaucoup trop pour les citer. Il y a tellement de bonne musique…

Quels sont vos projets pour le label ?

Nous disposons d’un réseau très solide de distribution et de promotion dans des territoires clés. Il y a encore des pays où nous pourrions faire mieux, il y a encore des secteurs de l’industrie où nous pourrions progresser et, heureusement, il y a encore tellement de bonne musique qui nous avons envie de sortir. Le plan est donc de continuer à faire ce que nous faisons aujourd’hui… aussi longtemps que possible.

Quels sont pour vous les trois disques qui résument le mieux le label ?

Difficile de choisir… Peut-être Fabula Mendax, le dernier album de Monochrome Set. C’est un groupe légendaire qui est toujours d’actualité et qui sort des albums étonnants. L’album de Gary Olson, qui sortira ce mois-ci. C’est un artiste international qui propose une fantastique POP (avec des majuscules !) sophistiquée. Et l’album Bei Tag und Nacht du groupe Der Englische Garten. Bien entendu, en tant que label allemand, nous publions de nombreux artistes originaires de notre pays. Et Der Englische Garten, avec leur son mélodieux et ″uptempo″, résument assez bien le style de Tapete.

Un mot pour définir Tapete Records ?

Pop.

tapeterecords.de
Bandcamp
Facebook
Twitter
Instagram
Discogs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visite. Accepter Lire plus