Frank Darcel, les écrits d’un Marquis de Sade – Interview

(Le Temps éditeur)

Une fois n’est pas coutume, Fanfare s’intéresse à la production littéraire d’un musicien, en l’occurrence Frank Darcel, guitariste et compositeur du groupe Marquis de Sade. Celui-ci publie depuis plusieurs années, en parallèle de ses productions musicales et sous des formats divers, des écrits qui sont loin de passer inaperçus. Son quatrième roman, pavé de près de six cent pages, écrit sur quatre ans, et dont l’action se déroule à Rennes, fait montre d’une maturité indéniable dans l’écriture et dans la construction d’une intrigue qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière ligne. Qu’on se le dise, il sera difficile, une fois commencé, de lâcher Vilaine Blessure, écrit avec un réalisme saisissant, et d’une profondeur irréfutable quant aux comportements psychologiques des personnages. À l’heure où l’auteur est en train de préparer les sessions d’enregistrement du nouveau Marquis de Sade, nous avons eu la chance de le rencontrer pour le questionner sur son rapport à l’écrit, la littérature qui le passionne, la méthode de travail qu’il a mise en place pour produire ce polar palpitant, et nous donner aussi, on ne se refait pas, quelques nouvelles de ses projets musicaux.

Frank Darcel - Vilaine Blessure

Vilaine Blessure est sorti mi-mars et est déjà en réimpression…  

Oui, on a eu une très bonne mise en place et le roman démarre bien, on va réimprimer cette semaine. Mon éditeur et moi-même sommes très heureux de constater qu’il suscite autant d’intérêt : le retour des lecteurs et des libraires qui l’ont lu, est très bon. C’est la base incontournable. 

On est frappé par le réalisme du roman, particulièrement des lieux qui nous semblent avoir fait l’objet d’un repérage précis.

J’ai, entre autres lieux, visité l’hôtel de police de Rennes, ville où se déroule l’intrigue. J’y suis resté une nuit entière pour m’imprégner des ambiances, de certains codes, pour tenter d’évaluer ce à quoi les fonctionnaires de police sont confrontés. Après, je suis resté en contact avec un enquêteur qui m’a accompagné tout au long du récit pour vérifier que la conduite des enquêtes était conforme aux protocoles en vigueur. J’ai revu des membres des Stups. J’ai aussi un copain à la brigade anti-criminalité qui m’a raconté des anecdotes édifiantes, qui imprègnent le récit. Je voulais que les enquêtes menées par mes personnages principaux, le soient de manière la plus réaliste possible. 

La psychologie des personnages est aussi très fouillée. On a le sentiment que certains des personnages ont du mal à se défaire de leur histoire personnelle, qui est lourde à porter. Je pense à Laure mais aussi à Gomez.

Les dix premières années de notre vie sont fondamentales, certains modes de fonctionnement psychologiques s’installent très tôt. Il est très difficile d’en sortir même si certains arrivent à s’en affranchir mieux que d’autres. Après, tout ce qui se passe à l’adolescence finit de nous fabriquer et on débarque dans la vie d’adulte avec tout ce bagage « historique ». J’aime beaucoup la phrase de Goethe qui dit : « je suis mon histoire ». Chaque individu se trimbale avec son histoire, compose avec. Notre parcours nous a façonné. Je voulais que certains personnages du roman continuent de panser leurs blessures anciennes. 

Frank Darcel
© Richard Volante

L’actualité très récente est aussi intégrée dans le déroulement de l’intrigue.

Oui, et c’est de ce point de vue un roman d’anticipation puisque, bien que le livre soit sorti le 15 mars, l’action se déroule en juin 2019 : j’ai dû donc prendre des paris sur les conclusions du grand débat par exemple, sans trop me tromper jusque là… (rires). J’ai commencé à l’écrire en septembre 2014 et ensuite, j’ai toujours mis à jour certaines données en fonction de ce qui se passait dans l’actualité socio-politique. Les gilets jaunes ont débarqué au moment des dernières corrections, mais j’ai eu le temps d’insérer cette référence avant l’impression du roman. En même temps, pendant ce travail d’écriture, toutes les observations faites autour de moi ou les conversations avec ces policiers évoquaient ce climat pré-insurrectionnel. Inclure l’épisode gilets jaunes dans un récit, qui tenait déjà compte de cette tension, n’a pas été compliqué au final. 

Comment as-tu fait pour construire le roman ? Plusieurs affaires parallèles occupent les services pendant trois semaines et du début jusqu’à la fin le lecteur cherche le lien entre tous ces événements, au même rythme que les enquêteurs.

C’est le personnage principal, la lieutenante Laure Jouan qui, à son corps défendant, est le lien entre toutes les enquêtes. Elle réalise qu’entre ces affaires à élucider et son chemin de vie, il y a des choses qui entrent en résonance. Elle finit par admettre que tout cela va au-delà du « hasard et de la nécessité », sans que le livre devienne un brûlot mystique pour autant… (rires)

Ton évocation des milieux aisés, avec une sorte d’enfermement qui leur est propre, est aussi assez pertinente.

Je connais Rennes depuis 1975. J’y suis arrivé comme étudiant en médecine, puis j’ai quitté la fac pour me mettre à jouer de la musique punk. Pendant très longtemps, le parc du Thabor et ces belles rues cossues alentour, sont demeurés un lieu mystérieux pour moi. Je n’y connaissais personne et pour tout dire, je n’y mettais pas les pieds en raison de la culture qui était la mienne à l’époque et des à priori que cela entraînait. J’avoue qu’avec l’âge et la diversité de mes occupations et de mes fréquentations, les maisons du quartier Sévigné ont moins de secret pour moi aujourd’hui.  Au-delà du Thabor, la rue de la Palestine ou le boulevard de la Duchesse Anne concentrent des populations sélectionnées d’abord par le prix très élevé de l’immobilier. Mais les règles qui régissent cet entre soi vont au-delà du simple aspect financier. En fait, ce sont des ghettos, mais des ghettos que les habitants ont choisis, à la différence de ceux des quartiers périphériques. 

Quel est ton rapport à l’écriture ?

Le basculement vers l’écriture s’est fait à mon arrivée au Portugal dans les années 1990. Lisbonne avait beaucoup de choses à me raconter, c’est une ville très romanesque, et j’y ai commencé à retranscrire des impressions, à prendre beaucoup de notes qui sont devenues mon deuxième roman paru chez Flammarion beaucoup plus tard, l’Ennemi de la chance . 

Sinon j’ai eu un parcours de lecture très compartimenté dans le temps. Gamin, je dévorais les livres de la bibliothèque rose ou verte. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la littérature jeunesse : c’est souvent elle qui donne le virus. À l’adolescence, j’ai eu une période polar pendant laquelle j’ai lu beaucoup James Hadley Chase, c’est très inégal, mais certains de ses ouvrages tiennent vraiment la route. De plus, vivant en centre Bretagne, cette ville imaginaire Paradise City était une sorte de Donaldville décadente et très attirante… Et beaucoup plus transgressive ! Je fantasmais beaucoup sur cette ville où le stupre et le lucre règnent… Plus tard, en arrivant en fac, à 17 ans, j’ai eu ma période Beat Generation, de Allen Ginsberg à Jack Kerouac, et d’autres auteurs américains, comme Selby ou Miller. La littérature américaine m’a toujours beaucoup plu. Entre vingt et trente ans, alors que mon sentiment européen grandissait, je me suis passionné pour la littérature mitteleuropa, à cheval entre les deux siècles : Thomas Mann, Robert Musil, Hermann Hesse, Knut Hamsun.

J’ai découvert Ellroy plus tard et cela a été un choc. Ce qui me plait chez lui, c’est qu’au-delà d’une analyse critique très documentée de la société américaine, il n’indique aucun sens moral à ses écrits. J’aime bien ces écrivains cabossés, dont on sent que sans l’écriture ils seraient taulards ou morts jeune. Aujourd’hui, je lis toujours de la littérature américaine, des auteurs comme Philipp Meyer, Dennis Lehane, James Lee Burke ou Tom Cooper. C’est plus apaisé, d’une certaine manière… Je suis un gros lecteur et mes lectures sont variées. Du fait de mes engagements politiques, j’aime aussi beaucoup les essais. Ils nourrissent Vilaine Blessure pour certains. 

Et la littérature française ?

J’apprécie Michel Houellebecq, pour ses romans mais aussi pour ses interviews… Moins pour son film… J’ai beaucoup apprécié Extension du domaine de la lutte , et les plus récents. Un peu moins Plateforme. J’ai bien peur qu’il soit un véritable visionnaire… Régis Jauffret est lui aussi passionnant. La littérature plus sage, le roman de mœurs ou la critique sociale un peu tiède, ce n’est pas trop mon truc. Et puis c’est comme en cinéma, on a envie d’être dépaysé parfois, au moins en ce qui concerne le décor et certaines coutumes, c’est pourquoi la littérature française m’intéresse moins sans doute. 

On a pu dire que les jeunes gens modernes, dont Marquis de Sade faisait partie, avaient une guitare dans la main droite et un livre dans la main gauche. Es-tu d’accord avec cette considération ? 

Il y avait dans cette assertion beaucoup d’ironie. Au début des années 80, on avait à Rennes ces prétentions intellectuelles, qui étaient mises en avant par les journalistes. C’était très confortable, mais c’était un jeu. On avait beau lire, les moments les plus excitants se passaient quand même sur la scène, et on passait aussi du temps à boire de la bière et à courir après les filles. Ceci dit, il est vrai que même si le punk nous avait emporté vers la musique, nos références culturelles ne s’arrêtaient pas à cela.  Nous étions aussi de jeunes européens qui avaient lu des auteurs autres que des auteurs français. Mais il faut admettre, en ce qui me concerne en tous les cas, qu’on se hasardait parfois à manier des concepts qui nous dépassaient un peu… 

Marquis de Sade
© Richard Dumas

Savais-tu quand tu as fondé Marquis de Sade que tu finirais par écrire ?

Très jeune, j’avais déjà écrit un petit roman. J’ai fait beaucoup de tentatives ensuite mais rien n’allait au bout. Il y a deux sortes d’écrivains : ceux qui commencent des histoires et ceux qui les finissent. C’est vraiment à Lisbonne que j’ai commencé à aller au bout des choses. 

La Bretagne est elle une région inspirante pour les écrivains ?

Pas seulement pour les écrivains. C’est une terre de pionniers. On se rend compte que la Bretagne figure en bonne place dans les œuvres d’écrivains majeurs, et dans différents mouvements. Citons Chateaubriand pour le romantisme, Jules Vernes pour le roman d’anticipation, Jacques Vaché ou Auguste Breton pour le surréalisme, le nouveau roman avec Robbe-Grillet, Le Clezio. Céline avait aussi des liens très forts avec la Bretagne. Kerouac s’en est inspiré pour son dernier roman. Sans parler de Segalen, pionnier du roman anthropologique. La Bretagne invite à remettre en question, à faire différemment. À prendre des risques. Regarde Alain Resnais au cinéma, ou René Vautier, inventeur du film politique avec  Avoir vingt ans dans les Aurès . En peinture, Tanguy, Villeglé ou Raymond Hains ont aussi été des pionniers, et ils sont exposés dans les musées du monde entier. Et puis il n’y a pas besoin d’être d’origine bretonne pour que l’alchimie se fasse, regarde Georges Perros, Saint-Pol Roux ou encore Julien Gracq, qui sont venus chercher l’inspiration ici. Et Gauguin et tous les peintres Nabis, entre autres. Cette terre est particulière, et c’est ce que nous avions voulu démontrer quand on a publié l’ouvrage collectif 111 bretons des temps modernes, aux éditions Armen en 2007.

Tu as beaucoup publié ces dix dernières années, pas seulement des romans d’ailleurs.

Oui, outre mes quatre romans,  il y a des ouvrages collectifs donc j’ai assumé la codirection, 111 Bretons…, et puis Rok et Rok 2, qui content l’histoire de la musique amplifiée en Bretagne. Le premier tome a d’ailleurs été épuisé peu après sa sortie et on va tenter de le réimprimer. C’est assez varié, mais avec une touche armoricaine appuyée, bien que je ne tombe jamais, je l’espère, dans la carte postale ou le poncif. D’ailleurs non, la Bretagne n’est pas le plus bel endroit du monde ! (rires). Et je me sens bien dans des tas d’autres lieux en dehors d’ici, Lisbonne ou New York par exemple sont des villes qui ont beaucoup compté pour moi. Mais bon, il faut repasser ici de temps à autre… C’est vital. 

50 ans de musique électrifié en Bretagne

Comment fais-tu pour trouver le temps d’écrire autant quand on connait la somme de tes occupations ?

J’ai la grande chance de ne pas être dans la procrastination. Quand j’ai un projet ou une idée en tête, je m’y attelle et je n’ai jamais besoin de me forcer. En musique c’est la même chose. Aller en studio ou écrire un roman, je ne le ressens pas comme un travail ni une quelconque obligation. Pendant les quatre ans d’écriture de Vilaine Blessure, il y a eu deux albums de Republik enregistrés en parallèle, la reformation de Marquis de Sade et l’album de Nolwen Korbell,  Avel Azul  que j’ai réalisé et coécrit. C’est juste une question d’organisation.

Pour l’écriture de ce roman, on m’a prêté des appartements au bord de la mer et j’y allais avec mon ordinateur de bureau. J’ai besoin de ce confort, je déteste les ordinateurs portables… Quand je suis en studio, je travaille mes personnages avant de m’endormir, je les visite régulièrement et ensuite les énigmes se construisent presque naturellement. Je prends des notes manuscrites le lendemain matin avant d’aller enregistrer et après je rédige sur mon ordinateur, quand je peux. En phase d’écriture, j’écris la plupart du temps tôt le matin, de cinq à huit, avant de me rendormir parfois une heure ou deux, et de démarrer ensuite une nouvelle journée. Je suis très flexible… Pour Vilaine Blessure, il y a eu encore toute la phase de vérifications, de réécriture et de corrections qui a aussi été très longue. J’ai eu la chance de pouvoir faire vérifier certains points par des professionnels éclairés. En dehors des policiers, j’ai pu compter sur l’expertise d’un ami pédopsychiatre avec qui j’étais en fac, d’un procureur, de ma sœur neurologue qui a aussi validé certains aspects médicaux. Sans compter une amie universitaire en retraite ou un ami chercheur en mathématique, dont les opinions et corrections m’ont beaucoup apporté. 

Venons-en à Rennes, lieu de l’intrigue. Cette ville est-elle toujours excitante comme elle l’était à la fin des années 70 ?

C’est très difficile à dire. Je voyais à l’époque la ville avec mes yeux d’homme de vingt ans. Elle a beaucoup changé à la fin des années 1970, a été traversée par une sorte de Movida à laquelle nous avons contribué, c’était vraiment excitant. Et puis c’était avant le SIDA. On en parle moins aujourd’hui, alors que la menace est malheureusement toujours là. Mais l’arrivée du SIDA a profondément modifié nos existences à l’époque à partir de 1983, parce que Rennes était une ville très libertine. 

Je vois désormais cette ville autrement, mais ce n’est pas une question de sexe… (rires). On dirait que la course au fric, le côté mercantile, est dans chaque rue plus visible. Pendant que les politiques, comme souvent en France, sont devenus des champions de la communication. Avant, à Rennes, il y avait cette bourgeoisie très old school  qui tenait le pavé, avec leurs rejetons un rien décadents. On les a secoués et dérangés, mais ils s’adaptaient, à leur rythme, sans en faire des tonnes, car ils avaient cette éducation très « vieil argent » comme disent les américains. Aujourd’hui, Rennes devient une ville hexagonale comme les autres. Elle perd de sa spécificité.

Ce que je constate aussi en voyageant, c’est qu’en France les gens ne s’aiment pas beaucoup : on ne se facilite pas le quotidien, on n’est ni très solidaires, sauf en petites communautés, ni dans une société apaisée. Au Danemark par exemple, que je découvre, à Anvers, où je vais souvent, au Portugal, ou j’ai vécu longtemps, et le plus souvent dans les milieux que je fréquente à New York, je trouve que tout est plus simple. On tire les relations vers le haut, les rapports entre les gens sont plus facilitants, sans que ce soit superficiel pour autant. C’est loin donc d’être le cas dans notre pays, et Rennes n’est malheureusement pas épargnée. 

Pour finir sur une note musicale, quelle est l’actualité de Marquis de Sade ?

Nous allons clôturer le festival Mythos (interview réalisée début avril, avant ce concert de clôture NDLR). Nous avons des nouveaux morceaux en chantier et allons sortir un album en janvier 2020. Je pars aux USA dans une semaine repérer des studios pour l’enregistrement des guitares. Il y aura des invités de marque qui feront des guitares complémentaires en juin : Richard Lloyd de Television et Ivan Julian des Voidoids. Nous sommes très heureux d’avoir ces musiciens défricheurs avec nous, alors que nous les écoutions à longueur de journée quand nous avons débuté. Nous bouclons une boucle en quelque sorte… 

Quelle a été votre ressenti quand vous avez foulé de vos pas la scène du Liberté à Rennes en septembre 2017 pour le concert de reformation ?

Oh, c’était une émotion énorme d’autant qu’on ne s’attendait pas à ce que ce concert suscite tant d’intérêt. Les places sont parties très vite. Le jour du concert, c’était magnifique de retrouver Rennes, presque comme avant, un public qui nous avait vu à l’époque, mais aussi leurs enfants… En revanche, sur scène nous étions un peu perturbés par un son qui ne ressemblait nullement à ce que nous avions défini lors de la balance. Mais, globalement ça s’est bien passé et les gens paraissaient satisfaits. Et nous sommes aussi contents du disque live qui a immortalisé ce retour. On a pris encore plus de plaisir aux Vieilles charrues, et surtout à Strasbourg où on a joué à l’opéra et où on a bénéficié d’une acoustique exceptionnelle. Ça compte ! Et là aussi, Rennes n’est pas trop à la hauteur ; bien qu’auto proclamée ville rock, on n’a que des salles à l’acoustique merdique… 

Et Republik ?

Republik c’est terminé, car c’est aussi un groupe à deux guitares, comme Marquis de Sade, même si je composais différemment du fait que je chantais. C’est trop proche malgré tout au niveau des possibilités harmoniques et rythmiques en tant que type de formation. Mais bon, je ne dis pas que je ne vais pas refaire un projet à côté de Marquis de Sade, peut-être quelque chose de plus électro, avec des machines. Un projet avec lequel on puisse aller jouer dans des cafés concerts, en line up réduit. J’aime beaucoup cette idée d’installer moi-même mon ampli, et de rester au coin du bar après le set. Tant que je n’ai pas mal au dos… (rires). 

Propos recueillis par Christophe David

 

Bibliographie (romans) 
Le dériveur – Flammarion (2004)
L’ennemi de la chance – Flammarion (2007)
Voici mon sang – Editions de juillet (2011)
Vilaine Blessure – Le Temps éditeur (2019)

 

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