Florilège #005

Parce que la planète pop ne s’arrête jamais de tourner, les rédacteurs de Fanfare vous proposent de découvrir tous les 15 jours une sélection express de leurs derniers coups de cœur…

The Death Of Pop – 08:10

Voici le bien mal nommé et non moins excellent quartet anglais de retour avec Head West, nouvel EP qui brouille encore une fois les pistes, entre pop à guitares, shoegaze, dreampop, psychédélisme et autres sucreries synthétiques. Caché en toute fin de parcours, on s’attardera tout particulièrement sur le génial et lumineux 08:10, qui fait se rencontrer avec bonheur les Smiths et les Boo Radleys. La pop est morte ? Vive la pop !

(AB)

 

District Repair Depot – Aeroplane Song

C’est sur Gare du Nord Records, un valeureux label qui nous a depuis longtemps convaincu de la pertinence de ses choix (Papernut Cambridge, Rotifer, Matthew Edwards & The Unfortunates…), qu’est sorti récemment le premier album de ce duo composé de Robert Halcrow (Picturebox) et du comédien Stephen Evans. Anglaise jusqu’au bout des ongles, la pop classique et érudite de nos deux compères ravira sans aucun doute les amateurs des Kinks, de XTC ou encore du Pugwash de Thomas Walsh. (JS)

 

Hitlist Youth – Is This Disco ? 

Avec leur récent Always Ascending, les vétérans de Franz Ferdinand s’ont allés jusqu’à s’offrir les services de Philippe Zdar (Cassius) pour tenter – en vain – d’attirer à nouveau le chaland vers le dancefloor. Peine perdue, car ce sont leurs compatriotes de Hitlist Youth qui reprennent le flambeau post-punk et qui nous convaincront désormais de nous dandiner sur la piste. Avec leur premier single Is This Disco?, ces petits-enfants teigneux de Josef K et des Fire Engines remettent de l’urgence et de la passion dans le rock écossais. La relève est assurée. (JS)

 

Jessica’s Brother – All The Better

Si Jason Molina (Songs:Ohia) et Darren Hayman (Hefner) avaient un jour décidé de travailler ensemble, le fruit de leurs activités communes aurait pu se rapprocher de la musique proposée depuis peu par Jessica’s Brother. Formé en 2016 par le songwriter Tom Charleston, le batteur Jonny Helm (The Wave Pictures) et le bassiste Charlie Higgs (Ramshackle Union Band), le groupe conjugue avec brio americana et indie-rock sensible sur ce deuxième single édité par le label Fika Recordings (Math and Physics Club, Stanley Brinks…), préfigurant un premier album attendu pour l’été. (JS)

The Lazy Lies – Everything Is Going Around

Depuis 2016, les Barcelonais de The Lazy Lies revisitent avec talent et beaucoup de fraîcheur les sixties des Kinks, des Beatles ou des Zombies. Rien d’original a priori si ce n’est que le talent de mélodiste de Roger Gascon et le charme du duo de voix masculin (Roger ) / féminin (Montse) rendent les 12 titres de l’album Less Talk More Action particulièrement attachants. Mention spéciale pour ce Everything Is Going Around au charme suranné. De quoi patienter jusqu’à l’album de Tracyanne & Danny ou le prochain The School. (AB)


Magpie – She Knows Where I Live

C’est la règle : pas de Florilège sans une dose réglementaire de douceurs power-pop. Cette fois-ci, c’est depuis l’Angleterre (Frome, dans le Somerset) que nous vient le plus bel alliage de guitares carillonnantes et d’harmonies sixties entendu depuis un bon moment. Les quatre titres radieux de Picasso On A Log sont disponibles en ligne depuis août 2017, mais leur découverte tardive colle finalement de façon idéale avec les premiers jours du printemps. (JS)


Ping Pong Club – Venetian Blinds

Un premier single bourré de charme pour ce groupe indonésien, sorte de version sucrée de The Radio Dept. Mêlant effluves shoegaze, douceur dreampop, chant mélancolique et rythmes percutants, ce Venetian Blinds s’avère éminemment addictif au fil des écoutes et donne forcément envie de se perdre dans les brumes vénitiennes; brumes derrière lesquelles on sent poindre la lumière du soleil.  (AB)


Anthony Rochester – My Dancing Days Are Done

Originaire de Tasmanie, Anthony Rochester est l’un de ces artisans pop injustement ignoré que l’on se plait à mettre en lumière lorsque l’occasion se présente. Hébergé chez les excellents Jigsaw Records, l’Australien, silencieux depuis 2012, vient de faire paraître son second album intitulé Anthony Rochester Sings For You. Anthony y chante (pour nous) des mélodies pop simples mais charmantes, aux accents tour à tour ensoleillés ou mélancoliques et parfois même presque disco, rappelant par moments le Jens Lekman des débuts, comme sur ce très chouette My Dancing Days Are Done. (AB)

 

Fake Laugh – Better For Me

Basé à Londres et revendiquant les Beatles comme principale influence, Fake Laugh dispose derechef de critères géographiques particulièrement alléchants pour tout amateur de pop soyeuse. Au travers d’un premier album éponyme en tout point remarquable sorti l’année dernière, cette formation avait ensoleillé notre année distillant ses mélodies parfois jangle, souvent sucrées auprès de nos oreilles attentives. Ce Better For Me au classicisme renversant, issu d’un 7“ qu’on espère annonciateur d’un plus long format, est ainsi plus qu’encourageant pour la suite du groupe de Kamran Khan. (EL)

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