Florilège #006

Parce que la planète pop ne s’arrête jamais de tourner, les rédacteurs de Fanfare vous proposent de découvrir une sélection express de leurs derniers coups de cœur…

Algo – The Weakness

En 2015, on découvrait en Algo les correspondants français de The Divine Comedy ou Belle and Sebastian (celui des premiers albums), le temps d’un superbe EP de pop de chambre orchestrale et lumineuse (The Misunderstanding). Voici le bel orchestre parisien de retour le temps de deux nouveaux morceaux captés par Le Cargo !, webzine musical. On y retrouve l’ami Sylvain (composition et chant) toujours aussi inspiré et on applaudit des deux mains cette capacité à faire vibrer notre corde sensible, à émouvoir sans pour autant forcer le trait. On souhaite maintenant ardemment une suite en studio à ces deux belles promesses. (AB)

 

Amusement Parks on Fire – All the New Ends EP

Souvenez-vous de ces Anglais de Nottingham avec ce premier album éponyme sorti en 2005. Amusement Parks on Fire, le shoegazing n’était pas encore redevenu à la mode mais on se plongeait joyeusement dans le dictionnaire des références, Ride, My Bloody Valentine, The Boo Radleys. Après un succès d’estime, autant dire une reconnaissance modeste de quelques années… le groupe a arrêté. 8 ans et 8 mois après, ils reviennent (ré)chauffer nos oreilles avec cet EP plutôt de très bonne facture. C’est chez l’un des spécialistes du shoegazing de ces dernières années, Saint Marie Records que le groupe a posé ses flight cases, ses amplis et ses guitares. Le mur du son est toujours présent, les mélodies pop et accrocheuses aussi, les refrains entêtants toujours de qualité. Bien entendu on pourrait dire qu’il faut mieux écouter les originaux plutôt qu’une copie, mais ici c’est bien fait et c’est surtout bien mieux que le dernier album en date de Ride. (CD)

 

Azure Blue – Whatever ’18 

C’est du côté de la Côte Ouest des Etats-Unis que le suédois Tobias Isaksson sort son nouvel EP sous le nom d’Azure Blue. C’est en effet chez le sympathique label Matinée Recordings, que les prémices d’un futur album, Fast Falls The Eventide, à paraître en juin, s’annoncent. Six chansons dont cinq exclusives à cette sortie. Whatever ’18, c’est la chanson synthé-pop parfaite, le genre de mélodie qui met de bonne humeur le matin et jusqu’au bout de la nuit, les fans de Radio Dept vont adorer ou crier au plagiat, c’est selon. Pour vous en dire un peu plus sur les chansons suivantes, il s’agit de titres déjà sortis en Europe mais pour la première fois disponibles pour nos amis des Amériques. Nous pourrons maintenant écouter Every Ending Story, on se tourne vers les terres de Monaco, vous savez le groupe de Peter Hook (New Order) et David Potts (Revenge), Reflections of Light ou bien encore Tragedy and Changes, toutes les trois disponibles sur l‘album Beneath The Hill I Smell The Sea paru en 2015. Les deux dernières chansons sont des reprises : Justice de Robert Forster (The Go-Betweens) et le titre final 747 est paru en 1998 sur l’album Isola du groupe suédois Kent. (CD)


Dutch Criminal Record – For The record

En provenance de Chichester, charmante ville du sud de l’Angleterre, les quatre de Dutch Criminal Record enregistrent depuis quatre ans des pop songs à guitare hors des modes et hors du temps, qui claquent et qui sautillent comme un bon vieux Housemartins. Le dernier en date, le trépidant For The Record, ne dément pas ses prédécesseurs, vif et frais comme un gardon ! (AB)


The Gallant Club – Weather Underground

C’est toujours délicat d’écrire quelques lignes pour l’album d’un ami, je me le suis toujours interdit mais maintenant je me lance. Alexander Faem, je le connais depuis plus de 20 ans, pas sous ce pseudo, j’aime sa démarche, j’aime sa musique, j’aime l’homme qu’il est est : simple. Un érudit de la pop française et de la musique rock dans tous ses états qui aime partager ses découvertes musicales et qui est toujours à l’affût de nouveauté. Vous le connaissez peut-être avec son projet Gülcher devenu depuis Gulcher (avez-vous remarqué la différence ?) mais c’est aujourd’hui sous The Gallant Club, qu’il s’exprime avec le talentueux réalisateur et musicien Clément Juttel. Dix chansons, deux expressions différentes mais un même fil conducteur : un hommage à leurs pairs : OMD, Erasure, New Order, Monaco. Une synthé-pop catchy et mélancolique. Ecoutez Insignificant Day ou bien Weather Underground, franchement pour un frenchy duo, on est captivé et on aime ce son. On tape du pied, on garde les mélodies en tête et on chope du soleil plein les yeux. Amoureux de la pop, foncez ! The Gallant Club est signé chez Modulor. (CD)

Heligoland – Orion

Ce n’est pas nouveau, cet EP des Australiens Heligoland est disponible depuis décembre, mais c’est beau et il faut en parler et faire connaitre leurs chansons. C’est toujours avec l’immense Robin Guthrie (Cocteau Twins) qu’ils sont allés enregistrer en Bretagne ces cinq somptueuses et éthérées chansons : Elk, Orion, Anavo, Three et Trust. La voix de Karen Vogt nous enveloppe de douceur et de sensualité, les notes claires de Dave Olliffe nous rassurent et la basse ronde de Steve Wheeler nous emmène découvrir des chemins de traverses et des rêves oubliés. Délicatesse, poésie, voyages éthérés, c’est ce que propose Heligoland, une aventure musicale riche en émotion. Fermez les yeux et laissez-vous transporter vers des nouveaux horizons. (CD)

Mitchell Adam Johnson – Keeping secrets

Minneapolis recèle peut-être avec Mitchell Adam Johnson l’un des secrets les mieux gardés de la soft pop made in USA. Son nouvel album Marigold regorge en effet de mélodies sublimes, superbement orchestrées et empreintes d’une grande douceur. Une petite musique de chambre qui nous veut du bien, parfois comparée à celle du grand Elliott Smith et qui exhale un charme hors du temps. À découvrir absolument ! (AB)


D.A Stern – Isn’t It Obvious?

Enregistré en solitaire dans le sous-sol de la maison de sa mère, le premier album du chanteur-songwriter-guitariste David Aaron SternAloha Hola, a vu le jour en 2017 avant d’être réédité cette année par Slumberland Records (The Pains of Being Pure at Heart, Real Numbers). Le label californien en profite pour publier dans la foulée Isn’t It Obvious?, un EP rassemblant deux reprises (l’une de Frankie Cosmos, l’autre de Mannequin Pussy), mais aussi et surtout deux compositions originales dont ce morceau-titre, qui associe très adroitement la finesse mélodique de l’indiepop à l’efficacité réjouissante de la power pop et du college rock des années 80. Ce garçon ira loin, c’est une évidence. (JS)


Sam Valdez – Farther Away

La demoiselle est originaire de Las Vegas, mais c’est à Los Angeles, où elle est désormais établie, que Sam Valdez pourrait décrocher le gros lot. Farther Away, ballade nocturne et vénéneuse digne des heures les plus chaudes de Mazzy Star, est le premier avant-goût d’un EP attendu pendant l’été. Une saison estivale que les chansons de la jeune américaine pourraient bien rendre aussi brûlante que le désert de son Nevada natal. (JS)

We Are Muffy – Civil Service

Membre fondateur des indispensables The Lilac Time aux côtés de son frère Stephen, l’Anglais Nick Duffy dévoile un nouveau projet en collaboration avec sa compatriote Angeline Morrison (The Mighty Sceptres, The Ambassadors of Sorrow). Partagé entre les Cornouailles et Birmingham, We Are Muffy tisse à quatre mains des folk songs insaisissables et légèrement déviantes, invoquant l’esprit de Shirley Collins ou de l’Incredible String Band. Civil Service est tiré de The Charcoal Pool, un premier album attendu pour le 20 juillet chez Tapete Records (Robert Forster, The Monochrome Set…). (JS)

Your Favourite Colour – Former Life

Sans nouvelles depuis 2010, date du dernier album des estimables et regrettés The Lodger, Ben Sidall nous envoie une jolie carte postale musicale signée Your Favourite Colour et intitulée sobrement April 18. Le temps de deux titres, on retrouve avec plaisir la voix familière et le ton légèrement désabusé du songwriter de Leeds et sa capacité à composer des mélodies simples et attachantes, empreintes d’une chouette mélancolie. (AB)