Fionn Regan – Cala

(Abbey Records)

Révélé par The End of History (2006), un premier album foudroyant qui lui valut une nomination pour le Mercury Prize et quelques comparaisons pour le moins flatteuses (Nick Drake, Bob Dylan, Elliott Smith…), Fionn Regan est un héros méconnu de la scène indie-folk. Membre honoraire de la société littéraire du Trinity College de Dublin, samplé par Bon Iver sur 00000 Million, le chanteur-songwriter peut également se targuer d’avoir reçu les éloges de la grande Lucinda Williams ou de l’acteur gallois Rhys Ifans, tellement fan qu’il est allé jusqu’à se faire tatouer sur le bras les paroles de sa chanson Be Good Or Be Gone

Comme si chaque nouvelle étape de son parcours discographique devait nécessairement se construire en réaction à la précédente, Fionn Regan prend depuis ses débuts un malin plaisir à ne jamais être là où on l’attend. En 2010, comme frappé du syndrome de Newport (n.d.l.r. : lieu de la conversion historique et controversée de Bob Dylan à l’électricité), il troquait ainsi le dénuement acoustique de son premier essai contre une allure bravache de rocker le temps de son second Lp (The Shadow of an Empire), avant de faire le chemin inverse un an plus tard et de renouer avec l’esthétique folk minimaliste inaugurale sur son troisième album, 100 Acres of Sycamore. En dépit de ses nombreux revirements, la carrière de Fionn Regan se distingue par la constance d’une écriture singulière et poétique, qu’aucun changement d’atmosphère ne saurait reléguer au second plan.

Deux ans après l’expérimental The Meeting of the Waters, qui voyait le troubadour irlandais s’aventurer pour la première fois en territoire ″ambient″, Fionn Regan a de nouveau choisi de changer de cap. Son sixième album, Cala, a été écrit et enregistré dans sa ville natale de Bray, au sud de Dublin, à l’endroit même où il avait autrefois composé son premier album. Exit les nappes synthétiques à la Brian Eno, au profit d’une orchestration réduite à sa plus simple expression. De retour sur ses terres d’origine, en parfaite symbiose avec un environnement familier, le musicien est revenu au fondement de son art. Contemplatives et toujours nourries d’imaginaire maritime, ces dix nouvelles chansons sont tout sauf démonstratives. Bien que certaines mélodies impriment leurs marques de façon immédiate (Head Swim, Collar of Fur), le folk naturaliste de Fionn Regan s’impose sans faire de vagues, usant de peu d’artifices pour laisser éclater son immense pouvoir de séduction (Brass Locket, Glaciers). 

Discographie
The End of History (2006)
The Shadow of an Empire (2010)
100 Acres of Sycamore (2011)
The Bunkhouse Vol. 1: Anchor Black Tattoo (2012)
The Meetings of the Waters (2017)
Cala (2019)

www.fionnregan.com

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