Findlay Brown – Not Everything Beautiful Is Good

(Nettwerk)

Retour en grâce inattendu d’un songwriter folk britannique trop longtemps perdu de vue.

Il y a les artistes dont nous suivons religieusement la trajectoire, ceux dont nous scrutons attentivement les activités et dont nous ne manquerions pour rien au monde la moindre sortie. Et puis il y a ceux qui n’occupent nos esprits que par intermittence, sur la foi d’un regain de forme impromptu. A l’image de celui de Fionn Regan il y a quelques mois, le retour en grâce de Findlay Brown s’inscrit clairement dans cette deuxième catégorie. Il y a déjà une bonne dizaine d’années, le garçon nous avait enchantés avec Separated By The Sea. Réalisé par Simon Lord (Simian), ce premier essai éclatant de beauté semblait pouvoir lui garantir une place définitive dans le cercle fermé des héritiers de Nick Drake ou Simon & Garfunkel. Pris en main par l’ex-Suede Bernard Butler, l’Anglais s’engagea un an plus tard sur d’autres voies, plus pop et moins artisanales, à l’occasion de Love Will Find You. La lecture du communiqué de presse qui accompagne Not Everything Beautiful Is Good nous rappelle qu’un troisième album, Slow Light, a ensuite vu le jour en 2015, mais nos chemins s’étaient séparés depuis déjà un certain temps.

Divine surprise, alors, que d’entendre résonner un peu par hasard, un jour de printemps, les accords subtils de Call It What You Want. En quelques instants de grâce suspendue, Findlay Brown vient nous rappeler pourquoi nous avions un jour entrepris de lui vouer un culte sans limite. Mélancolie aérienne, raffinement du british folk, tout est là pour nous faire revivre le coup de foudre initial. Désormais établi dans la campagne danoise, l’ancien résident de Brooklyn dit avoir voulu créer un disque « optimiste ». Quelques chansons ouvertement pop, relâchées et sans détour, accentuées par des arrangements gracieux (Feel To The Flame ou Sound In The Distance), confirment une volonté somme toute louable de ne pas se cantonner à l’univers folk intimiste dont il a fait son terrain de jeu favori. C’est pourtant lorsque Brown assume pleinement son rôle de troubadour-confident, susurrant au coin du feu des ritournelles amicales et poétiques telles que Home ou Not Everything Beautiful Is Good, que ce quatrième album déploie véritablement ses richesses.

En parfaite symbiose avec son nouvel environnement (il vit aujourd’hui en pleine nature, à 15 minutes de Copenhague, et a déjà noué de solides relations au sein de la scène locale), le Britannique qui chantait autrefois The Loneliness I Fear explique éprouver désormais du plaisir dans la solitude. Pour ce disque forcément très personnel, Findlay Brown a néanmoins collaboré étroitement avec deux figures essentielles de la musique danoise, le producteur Tor Bach Kristensen et le musicien Bo Rande (Blue Foundation), qui ont su lui fournir l’accompagnement à la fois délicat et sophistiqué auquel prétendaient ses compositions sensibles et pénétrantes. L’émotion à fleur de peau de merveilles telles que Only What Is Real et When The Lights Go Out pourrait bien amener Conor O’Brien et ses Villagers à songer sérieusement à la retraite anticipée. C’est dire l’altitude vertigineuse à laquelle évolue ce Not Everything Beautiful Is Good intemporel et hospitalier, qui nous rend de nouveau indispensable un songwriter trop longtemps perdu de vue.

Discographie :

Separated By The Sea (2007)
Love Will Find You (2008)
Slow Light (2015)
Not Everything Beautiful Is Good (2018)

http://findlaybrown.com/

Crédit photo : DR