Courtney Marie Andrews – Old Flowers

(Loose - Fat Possum)

Are You Ready To Be Heartbroken ?

La rupture sentimentale, la séparation d’avec un être que l’on a aimé ont toujours été des vecteurs de créativité artistique et musicale. On peut penser à Nick Cave avec The Boatman’s Call, Bon Iver avec For Emma, Forever Ago ou bien sûr Bob Dylan pour Blood on the Tracks. Autant de grands et beaux albums, dans différents registres s’entend. Alors, en écoutant Old Flowers, on pourrait être tenté de dire que la fin de l’idylle entre Courtney Marie Andrews et son ex-petit ami est sans doute un mal… pour un bien. Le nôtre en particulier. Mais pas seulement, car ici la musique est un exutoire, une manière pour la chanteuse de solder le passé, mais sans atermoiements.

Lors d’une récente interview, Courtney Marie Andrews a déclaré qu’avec cette rupture, elle avait décidé de faire le vide autour d’elle. Afin de se concentrer sur l’essentiel. Son essentiel. Dans le titre Old Flowers, qui donne son nom à l’album, ne chante-t-elle pas
″I’m on my own now, but I don’t feel alone…″ ? La lecture seule des titres de l’album en montre bien l’idée générale : l’amour, ce n’est pas pour elle, en tout cas pas tout de suite. ″I may never let love in again″ comme elle le dit dans Carnival Dream. Un vrai crève-coeur.
Pour autant, ce très beau disque n’est pas un recueil de chansons introspectives avec des paroles plombantes soutenues par une musique à l’os. Dans un registre plus folk que sur ses réalisations précédentes, les ballades douces-amères et émouvantes à la sauce americana s’enchaînent avec une grande fluidité. Seule avec un piano ou accompagnée par d’excellents musiciens (Matthew Davidson à la basse, James Krivchenia de Big Thief à la batterie), cette huitième production permet de prouver une fois encore les talents de mélodiste et de parolière de la jeune américaine. On pense parfois à Emmylou Harris ou Neil Young (pour les mélodies période Harvest). La voix claire et envoûtante de la chanteuse originaire de Phoenix, Arizona, fait le reste pour nous tenir à l’écoute des 10 titres du Lp. 

Sur son album Honest Life (paru en 2016), un des titres était How Quickly Your Heart Mends. Il est vrai que l’on est parfois surpris de voir à quelle vitesse un cœur se répare. Courtney Marie Andrews a un jour fait sienne la symbolique du poète américain Jack Gilbert qui dans son texte Failing and Flying souligne le fait qu’Icare, avant de chuter, a volé. Et que donc, avant d’échouer, il a fallu essayer. Et presque réussir. Alors, ne jamais dire : ″fontaine…″.

 

www.courtneymarieandrews.com

Discographie

May Your Kindness Remain (2018)
Honest Life (2016)
On My Page (2013)
No One’s Slate Is Clean (2011)
For One I Knew (2010)
Painters Hands and a Seventh Son (2009)
Urban Myths (2008)

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visite. Accepter Lire plus