Cold Showers – Motionless

Dais Records

Dans son ouvrage Rip It Up and Start Again, qui couvre la période 1978-1984, le journaliste et critique de rock britannique Simon Reynolds décrit le post-punk comme étant la bande-son d’un monde entre déclin des luttes des années 70 et début du néolibéralisme. En réponse au ″No Future″ lancé par The Sex Pistols, Allen Ravestine de Pere Ubu rétorquera qu’au contraire ″il y a un futur et nous essayons de le construire″. Poussés par un engagement social et politique, des groupes comme PIL, Gang Of Four, Siouxsie and the Banshees ou encore Joy Division expérimentent de nouvelles sonorités inspirées de la musique noire, du reggae et du krautrock.
Une musique d’où vont émerger de nombreux courants comme la Cold Wave, la New Wave, la Synth-Pop et plus tard le Shoegaze. Une musique en perpétuel mouvement donc.

Cold Showers - Motionless
(DR)

Motionless est le nom du nouvel album (le troisième) du groupe californien Cold Showers, sur lequel les influences post-punks citées plus haut sont il est vrai, très présentes. Mais comme le déclaraient récemment les membres du groupe : ″Tout art est en définitive un reflet d’expériences, influencé par les changements qui nous entourent – qu’ils soient politiques, sociaux, économiques ou environnementaux″. Et on retrouve cette évolution au niveau du son de cet album. Des titres comme Shine et Black Sidewalk, la batteuse Emily Rose Epstein prenant les rênes vocales sur ce morceau, sont très poppy. Dismiss avec sa basse bondissante, ses percussions métronomiques menées à un train d’enfer et sa guitare sautillante pourrait même faire penser à une version dark de The Smiths, avec la voix de Jonathan Weil aux intonations situées quelque part entre celle de Morrissey et celle de Ian Curtis.
Bien sûr, des titres plus sombres comme Faith, qui n’aurait pas dépareillé dans la discographie de New Order circa 1982, ou Tomorrow Will Come sont là pour reconnecter le groupe à ses racines. Mais le morceau Everyday On My Head, quintessence de ce que peut nous proposer
Cold Showers, avec ses cordes délicates et puis tout-à-coup, un mur du son percutant, montre bien la capacité du groupe à jouer sur différents tableaux.

Ce mélange de guitares tantôt claires, tantôt abrasives, de cordes délicates, de cuivres, de nappes électroniques et de rythmique parfois martiale est une recette qui, c’est vrai, a déjà été testée de deux côtés l’Atlantique par des groupes comme The Cure ou Interpol. Mais sans pour autant repartir de zéro comme le suggère Simon Reynolds, la bande du guitariste et producteur Chris King nous prouve que l’on peut faire du vrai et bon neuf avec du vieux, quitte à prendre une bonne douche froide et avoir les idées claires pour mieux aller de l’avant.

https://coldshowers.bandcamp.com/

Discographie :
Love and regret (2012)
Matter of choice (2015)
Motionless (2019)  

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